Lonely tunes of Tehran
Réalisé par Saman Salour (2011)
| Durée | 76 minutes |
| Sortie | 01/06/2011 |
| Note | 6/10 |
Le petit Hamid, ingénieur diplômé mais incapable de trouver un vrai travail, et son cousin le grand Behrouz, un vétéran de guerre traumatisé, font équipe en tant qu’installateurs d’antennes paraboliques. Ils sillonnent les rues de la capitale iranienne à la recherche de clients, qui voudraient bien de ce duo de techniciens peu orthodoxe et peu efficace. Lorsqu’ils sont embauchés par une femme vivant seule, Hamid et Behrouz tombent tous les deux amoureux d’elle. Ils décident de se disputer ses faveurs, tout en sachant que leur rang social et leur apparence réduisent considérablement leurs chances.
La critique
Par Tootpadu 04/05/2011
Bien plus qu’une tragédie opportuniste de freaks, qui exploite l’aspect physique inhabituel des deux personnages principaux à des fins discriminatoires, ce film touchant explore la barrière invisible qui empêche les deux cousins improbables à avancer et à tenter au moins à trouver leur bonheur. Leur vie en marge de la société, ils s’en sont accommodés au point qu’elle est devenue la principale raison d’être de leur litanie, qui tourne inlassablement autour de l’existence qu’ils auraient souhaité avoir et la dure réalité, qu’ils préfèrent occulter par ce flux répétitif de paroles. Alors que la tchatche est la principale arme de Hamid, souvent sur un ton agressif et seulement à de rares instants empreinte d’une sincérité tristounette qui déchire le cœur, Behrouz préfère jouer la comédie du grand gaillard complètement à l’ouest pour ne pas devoir admettre que sa vie ne suit aucun but. Pourtant, leur périple aléatoire à travers les quartiers anonymes de Téhéran ne ressemble guère au calvaire de deux laissés-pour-compte voués à l’échec.
La lucidité avec laquelle et les personnages, et la narration analysent la situation désespérante balaie heureusement avec détermination la moindre apparition d’un misérabilisme lénifiant. Il existe même une certaine forme d’humour dans ce film, qui rit plus avec ses deux anti-héros exemplaires, qu’il ne se moque de leurs déconvenues régulières. L’empressement de Saman Salour de poser la caméra à raz le sol paraît du coup un peu trop lourdement symbolique dans le cadre d’un film, qui s’emploie justement à permettre à ces deux perdants de se libérer des chaînes psychologiques avec lesquelles ils se sont attachés à la fois l’un à l’autre, ainsi qu’à l’apitoiement sur leur propre malheur.
Vu le 4 mai 2011, au Club de l'Etoile, en VO