Black storm

Réalisé par Steven Quale (2014)

Catastrophe
Black storm
Durée 89 minutes
Sortie 13/08/2014
Note 5/10

Alors que la saison des tornades au cœur des Etats-Unis touche à sa fin, quatre adolescents sont tués par une tempête particulièrement violente. Pete et son équipe de chasseurs professionnels d’événements météorologiques exceptionnels avaient raté cet épisode orageux et risquent de déposer le bilan, faute de prises spectaculaires. Leur dernière chance est une nouvelle formation nuageuse, potentiellement dangereuse, qui est en train de se former du côté de Silverton. Dans cette bourgade, les nouveaux bacheliers s’apprêtent à recevoir leurs diplômes lors d’une cérémonie en plein air, qui doit être filmée par Donnie et son frère Trey.

Les critiques

Par Mulder 16/08/2014

Black storm  ne restera certes pas comme un film incontournable de cette année mais a le mérite d’être suffisamment réaliste et captivant pour retenir notre attention. Le second film de Steven Quale après Destination Finale 5 (2011) permet de remettre ainsi en lumière un genre tombé en désuétude le film de catastrophes naturelles (volcan, déluge..) . En 1974 le film de Mark Robson, Tremblement de terre fut l’un des premiers films de ce genre et connu non seulement un succès public mais également reçu quatre nominations aux Oscars en 1975. On pourra également citer Volcano (1997), le Pic de Dante (1997) et Twister (1996) comme tentatives de relancer ce genre. Blackstorm scénarisé par John Swetnam met en scène comme Twister une équipe de météorologiques traquant des tornades avec un équipement hight tech informatique mais également un véhicule conçu pour résister aux pires conditions climatiques (le Titus).
 
Certes l’intrigue plutôt sommaire  semble avoir été construite de manière superficielle afin de mettre en avant de somptueux effets spéciaux. L’élément principal du film revient donc à cette tornade, un cyclone de type EF5 considéré comme la plus violente des tempêtes (classification échelle de Fujita). Le film lui donne ainsi une place importante  en montrant sa force dévastatrice à de multiples reprises. On aurait aimé que le reste du film soit aussi irréprochable mais malheureusement ce n’est pas le cas. La linéarité de l’histoire respectant à la lettre le déroulement des films catastrophes des années 70 (présentation des personnages, les premiers signes de la catastrophe, la catastrophe et ses conséquences et enfin l’évolution des personnages et la catastrophe passée). On aurait donc apprécié un scénario nettement plus original. Mais c’est surtout le casting qui déçoit fortement. Hormis la présence de Richard Armitage (Le Hobbit (2012-2014)),  et Sarah Wayne Callies (série Prison reak, The Walking dead), le reste du casting est composé d’inconnus guère habitués à ce genre de production.
 
Le réalisateur ne réussit pas à révolutionner les films de catastrophe ni à atteindre le niveau de Twister et nous présente une réalisation trop neutre et lisse des personnages trop anodins entre un père ayant des soucis de communication avec ses deux enfants depuis la mort de leur mère et une scientifique trop passionnée par son métier quitte à délaisser sa petite fille. En privilégiant une approche trop axée sous l’angle du documentaire voire du found footage film, le film oublie son objectif de maintenir un climat oppressant et une réelle immersion de la part des spectateurs. De la même manière, ce film aurait gagné à être projeté en 3D afin de réellement mettre en valeur ses effets spéciaux spectaculaires.
 
Enfin, Blackstorm aurait pu nous convaincre par son efficacité si le scénario avait laissé une certaine place à une forme d’humour permettant de dynamiser les scènes  pourtant nombreuses d’action. A force de vouloir jouer la carte du réalisme à tout prix, le film nous divertit certes mais n’arrive pas à s‘imposer comme un modèle du genre. Cela ne sera donc pas ce film qui relancera un genre qui connu sa période de gloire dans les années 70-80 et aujourd’hui comateux.
 
Vu le 11 aout 2014 au Gaumont Marignan, Salle 05, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 11/08/2014

Il y a eu un transfert de budget au profit des effets spéciaux et au détriment du prestige des comédiens, mais sinon ce film ressemble beaucoup trop à Twister de Jan De Bont. Même dix-huit ans plus tard, une tornade reste essentiellement une tornade avec ses limitations cinématographiques qui n’ont guère évolué avec le temps. Ce qui ne serait qu’un amuse-gueule dans les films catastrophe de Roland Emmerich est donc l’attraction principale dans les exemples mineurs du genre, qui suit de toute façon le même schéma narratif depuis ses origines. Rien de nouveau n’est par conséquent à signaler dans Black storm, qui va jusqu’à délaisser les velléités scientifiques du film précité pour élaborer une trame presque médiocre aux enjeux humains très sommaires.

Le pire est pourtant évité, grâce au métissage du point de vue. Tandis que les premières minutes du film laissent craindre que toute l’action soit relayée par le biais éculé de la caméra vidéo tenue par différents personnages, le dispositif ne change en fin de compte pas uniquement de main, mais est aussi entrecoupé de plans plus objectifs. Cette alternance ne sert malheureusement pas à une interrogation en filigrane sur nos modes de réception de ces désastres collectifs. Elle réussit néanmoins à aérer tant soit peu une narration qui a autrement tendance à accumuler les poncifs, surtout lors de la montée en puissance du sentiment d’urgence et des nombreux sauvetages in extremis.

Car peu importe la nature du cataclysme qui s’abat sur les personnages dans ce genre de film, si le degré d’identification du spectateur avec ces hommes et ces femmes, voire parfois ces bêtes en détresse s’avère perfectible, la prouesse des effets risque de rester lettre morte. Ce n’est pas tout à fait le cas ici, mais le va-et-vient entre les deux groupes de personnages, plus caricatural l’un que l’autre, ne contribue guère à nous rendre leur survie plus impérative. Un constat qui nous renvoie à l’éternel dilemme du film catastrophe : son fond de commerce sadique qui privilégie le divertissement de la destruction au réalisme éprouvant d’une catastrophe naturelle, qui s’abat sans la moindre logique morale sur les personnes qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

Il faudra un film plus ambitieux et intelligent que celui-ci pour nous convaincre de l’utilité de poursuivre un genre, qui a ses meilleurs jours derrière lui depuis longtemps.

 

Vu le 7 août 2014, à la Salle Warner, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Noodles 09/08/2014

Dans la grande famille des films de divertissement jouissifs à ne regarder qu’en compagnie d’une bonne bande de copains et d’une grande dose de popcorns, nous trouvons aux côtés des films d’épouvante les films catastrophe. Ces sortes de blockbusters au rabais n'ont souvent rien d'autre à offrir aux spectateurs qu'une bonne dose de spectaculaire, et bien naïf serait celui qui s'attendrait à y trouver d'indéniables qualités cinématographiques. C’est Steven Quale, réalisateur dont la filmographie se résumait pour l’instant au cinquième volet de la saga Destination finale (2011), qui est aux manettes du nouveau film catastrophe de l’année : Black Storm.

Afin de redonner un peu d'originalité au genre, le réalisateur opte pour l'utilisation du found footage afin de faciliter l'immersion du spectateur et de multiplier les points de vue. Contrairement à des films qui usent également de cette technique, tels que Cloverfield (2008) ou encore Paranormal Activity (2007), les images façon téléphone portable et autres enregistrements de basse qualité nous sont ici épargnés. En effet, la plupart du temps, il s'agit de suivre la progression du fléau météorologique aux côtés d'une équipe de chasseurs de tornades chevronnés munie de matériel professionnel. S'il est vrai que la multiplicité des points de vue rend parfois le tout un peu confus (on se demande bien souvent qui filme), dans l'ensemble le procédé du found footage a su démontrer son utilité et est donc parfaitement justifié.

Sans surprise, Black Storm ne mise pas sur un scénario particulièrement renversant et son principal argument reste la déferlante d'effets spéciaux qu'il présente. Heureusement, celle-ci se montre plutôt à la hauteur, surtout lorsque l'on sait que le long-métrage est doté d'un budget assez maigre avoisinant les 40 millions de dollars. Le spectaculaire est bel-et-bien au rendez-vous dans ce film qui prend un malin plaisir à assouvir les fantasmes d'un public adorant assister à la mise en scène de la destruction de sa propre société. Ainsi, Black Storm parvient à nous en mettre plein les yeux (et également plein les oreilles) en réussisant à traduire à l'écran toute l'intensité et la violence dont sont capables de tels phénomènes naturels.

Toutefois, cela ne serait suffire à masquer la maladresse du script, dans ce film qui ne trouvera pas particulièrement de soutien dans son casting (Richard Armitage et Sarah Wayne Callies sont certainement les seuls visages connus). Notons également qu'aucune explication ne nous sera fournie sur les causes de ce désastre climatique, comme s'il s'agissait ici d'un fléau divin. Si cela pourrait frustrer plus d'un spectateur, convenons que l'on évite ainsi les pénibles théories scientifiques tirées par les cheveux, et par la même occasion les discours écolos pénibles qui accompagnent bien souvent les films mettant en scène une catastrophe météorologique. En définitive, Black Storm est un film qui atteint ses objectifs peu ambitieux, mais que l'on oubliera très vite.

 

Vu le 9 Juillet 2014, à la salle Warner, en VO.

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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