Cloud Atlas

Réalisé par Tom Tykwer, Andy Wachowski, Lana Wachowski (2013)

Drame
Cloud Atlas
Durée 172 minutes
Sortie 13/03/2013
Note 5/10

En 1849, le jeune avocat Adam Ewing se rend sur une île du Pacifique afin de signer un contrat avec le propriétaire d’une plantation. En 1936, Robert Frobisher se fait engager comme copiste auprès du compositeur vieillissant Vyvyan Ayrs. En 1973, la journaliste Luisa Rey découvre à San Francisco une affaire de corruption industrielle grâce au physicien Rufus Sixsmith, autrefois l’amant de Frobisher. En 2012, l’éditeur mesquin Timothy Cavendish doit se cacher dans une maison de retraite au règlement draconien pour fuir ses créanciers. En 2144, le clone Sonmi-451 est affranchi par le rebelle Hae-Joo Chang. En 2346, le berger Zachry doit emmener la savante Meronym vers les ruines du temple de Sonmi.

La critique

Par Tootpadu 27/02/2013

Avant toute considération qualitative, la démesure de ce projet force le respect. Trois réalisateurs, six histoires à travers cinq siècles, des décors et des personnages multiples : les producteurs de Cloud Atlas ont décidément vu les choses en grand. Et c’est donc sans surprise le souffle épique parfaitement assumé et maîtrisé qui subjugue ici, d’un point de vue formel. La complexité du récit se faufile habilement à travers quelques choix de montage vertigineux et la cohésion de l’ensemble est plutôt bien préservée, grâce à des points communs entre les différents fils d’une histoire aux préoccupations diverses. C’est indéniablement du grand cinéma ambitieux, qui sait se présenter juste assez en tant que divertissement pour faire passer plutôt rapidement sa durée considérable.
Et pourtant, comme dans ces films à épisodes concoctés par une poignée de réalisateurs, l’inégalité fait sa loi au gré d’histoires plus ou moins intéressantes, plus ou moins abouties. Alors que la moitié des intrigues nous a paru investie d’une poésie et d’une vigueur narrative des plus appréciables – les deux plus anciennes et le premier conte de science-fiction –, tout le reste fait figure de remplissage dans le contexte d’un penchant pour l’exhaustivité des genres. Or, aucun film ne peut y prétendre, comme le sait même la publicité récente d’une chaîne de cinémas français, où les comédiens grimacent de façon incontrôlée parce que le réalisateur souhaite mettre toutes les émotions dans un seul film. On se serait ainsi bien passé du travail de détective amateur de Halle Berry, des frasques du pensionnaire récalcitrant Jim Broadbent, et de l’univers mi-fantastique, mi-archaïque dans lequel Tom Hanks garde ses chèvres, afin de passer plus de temps avec les personnages infiniment plus passionnants des autres histoires.
Car la faille majeure de ce film, qui a échoué quelque part sur le chemin épineux vers la grandeur, est l’absence de sens entre ses parties hétéroclites. Malgré quelques égarements de maquillage grotesques, notamment chez Hugo Weaving qui est carrément puni par une flopée de personnages ingrats, le bât blesse surtout du côté d’une philosophie hautement nébuleuse et guère consistante. Le cours des différentes histoires est vaguement semblable, soit, et des symboles récurrents sont censés y apporter une continuité pour le moins arbitraire. Mais en fin de compte, tout ce charabia ésotérique sur le cheminement des âmes ne s’avère point plus convaincant et engageant que celui qui animait très mollement les deux derniers volets de la saga Matrix, qui étaient déjà l’œuvre du tandem Wachowski.

Vu le 25 février 2013, à la Salle Warner, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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