Grandmaster (The)
Réalisé par Wong Kar-wai (2013)
| Durée | 122 minutes |
| Sortie | 17/04/2013 |
| Note | 6/10 |
Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur.Pour sa cérémonie d’adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er, elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grand maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal.
La critique
Par Mulder 28/04/2013
Le réalisateur apporte un grand soin à soigner autant la forme (la réalisation) que le fond (le scénario). Chacune des nombreuses scènes de combats parsemant le film et chorégraphiées par l’un des grands maitres d’arts martiaux chinois Woo-Ping Yuen semblent pourtant n’être pas la préoccupation principale du réalisateur. En effet, elles semblent être pour lui plus un handicap nécessaire à un plus grand public qu’une volonté profonde de renouveler le genre. Certes de toute beauté, elles sont top ancrées dans une vision post Matrix pour réellement étonnées et se distinguées par l’approche nouvelle du réalisateur. Le public s’attendant ainsi à voir un grand film d’action comme furent les films de John Woo (A toute épreuve, The killer) risquera ainsi d’en sortir un peu dèçu car le film est plus une approche sociologique de l’homme (ip man) dans un environnement hostile (rivau, japonais) que un film sans longueur et au rythme rapide. Le film ainsi envoute autant par son ambiance dépressive que par des moments d’action purement jouissifs.
La force du film revient aussi à un casting ambitieux permettant à Tony Leung et Zhang Ziyi et Chang Chen d’interpréter des personnages à la psychologie bien détaillée. Chacun de ces trois personnages principaux vivra ainsi un drame profond qui marquera non seulement leur caractère et comportement mais également leurs relations les uns envers les autres. On reconnaît ainsi toute la force de l’œuvre de Wong Kar-Wai qui dirige parfaitement ces acteurs. Le réalisateur retrouve pour la septième fois l’acteur Tony Leung.
Cependant, le film malgré toute le soin apporté et visible sur l’écran arrive malheureusement après le film IP man de Wilson Yip (un véritable chef d’œuvre à découvrir d’urgence) et n’apporte pas le même plaisir jubilatoire qu’à la découverte de l’un des plus grands films d’action hong-kongais récent. L’approche des deux films diffère totalement car autant le premier est très grand film d’action optimiste et superbement interprété par Donnie Yen autant le second s’apparente à une œuvre désespérante, noire et sublimée par une superbe photographie. Les deux films se complètent et possédant chacun de nombreuses qualités.
Reste le plaisir de retrouver dans nos salles une œuvre intelligente façonnée d’un réalisateur et scénariste hongkongais plus habitué à faire parler de lui lors de festivals que au box-office mondial. Ce film reste donc à ce jour le plus accessible au grand public de ce réalisateur.
Vu le 21 avril 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 07, en VF