Appel des arènes (L')

Réalisé par Cheikh .A. Ndiaye (2008)

Drame
Appel des arènes (L')
Durée 110 minutes
Sortie 04/06/2008
Note 5/10

Dans les rues de Dakar, le jeune Nalla, issu d'une famille aisée, est attaqué par la bande du voyou Sory. Il arrive seulement à s'en sortir indemne, grâce à l'aide d'André, un garagiste et lutteur professionnel. Ce dernier l'introduit au monde de la lutte sénégalaise, dont Nalla pourra vivre le côté spirituel et sportif de première main. En même temps, Sory n'arrive pas à sortir du monde du jeu et des petits boulots illégaux, qui le font vivre.

La critique

Par Tootpadu 20/03/2008

L'état du cinéma africain est tellement précaire, que même sa manifestation la plus modeste est digne de notre intérêt et, le cas échéant, de notre soutien. Ce premier film d'un jeune réalisateur sénégalais est hélas bien trop inégal pour mériter notre adhésion inconditionnelle. Mais au moins les quelques éléments que Cheikh Ndiaye a réussi nous réconcilient avec des pans entiers pratiquement gratuits de L'Appel des arènes.
Ce n'est pas depuis les légionnaires du sublime Beau travail de Claire Denis, que nous avons vu un spectacle aussi érotiquement chargé et pourtant d'une pureté esthétique confondante que ces lutteurs africains - jeunes, beaux et musclés -, pendant l'entraînement. Pendant ces moments trop fugaces de l'effort physique à l'état brut, où les corps dénudés s'entremêlent, le réalisateur rend un hommage vibrant et peut-être innocent à la beauté majestueuse de l'homme africain. Il conserve ce regard admiratif chaque fois que les corps massifs s'affrontent ou qu'ils sont entraînés dans un antagonisme, qui rapelle vaguement celui dans Rocky IV.
Cependant, le scénario du film évite clairement les conventions du drame sportif, qui suit invariablement le même processus, de l'état de novice jusqu'à la consécration à l'issue d'une épreuve férocement disputée. Ici, c'est la dimension spirituelle de la lutte qui prévaut, à travers de longs passages explicatifs ou contemplatifs. On pourrait reprocher à ces scènes d'introspection leur impact négatif sur la progression dynamique du récit. Mais elles symbolisent en même temps le mieux un état d'esprit africain, qui se trouve carrément à l'opposé de la frénésie et de la superficialité occidentales.
Non, ce n'est pas cette plongée ludique dans la culture sénégalaise qui nous a le plus ennuyés. C'est plutôt la faiblesse de la tension dramatique du film dans son ensemble, et plus particulièrement toute la partie réservée au voyou. Alors que le parcours du protagoniste valeureux Nalla n'est déjà pas des plus concluants, toute l'activité de Sory n'apporte strictement rien au film ! L'antagonisme factice et uniquement narratif entre le sportif engagé et le bon à rien incorrigible résulte en un rythme mou et disparate. Faute de justification scénaristique, l'inclusion de l'histoire de la pègre paraît comme une maladresse majeure, comme si Ndiaye avait tourné deux moyens-métrages et qu'il avait voulu les réunir à tout prix dans un long, peu importe les conséquences néfastes sur sa célébration plastiquement très attrayante de la lutte sénégalaise.

Vu le 19 mars 2008, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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