Perfect mothers

Réalisé par Anne Fontaine (2013)

Drame
Perfect mothers
Durée 111 minutes
Sortie 03/04/2013
Note 5/10

Lil et Roz sont des amies inséparables depuis l’adolescence. Elles sont toujours là, l’une pour l’autre : quand le mari de Lil meurt dans un accident de la route alors que leurs fils respectifs Ian et Tom sont encore des enfants ; et inversement quand Roz risque de suivre son mari à Sydney, maintenant que les garçons sont devenus de beaux jeunes adultes. Leur amitié, que de mauvaises langues soupçonnent d’être de l’attirance homosexuelle, est toutefois mise à rude épreuve par l’affaire amoureuse dans laquelle Roz s’engage avec Ian. Mais au lieu de s’en offusquer, Lil va lui emprunter le pas et vivre à son tour une aventure passionnelle avec Tom.

La critique

Par Tootpadu 18/04/2013

Il n’y a rien de plus barbant que la perfection. Nous y aspirons tous d’une manière ou d’une autre, mais l’illusion de l’avoir atteinte ne produit généralement qu’un ennui profond. Dans le fond, le premier film anglophone de la réalisatrice Anne Fontaine fait certes semblant de chercher la faille dans le bonheur romantique intergénérationnel. Mais sa forme est si détachée de la réalité, voire enivrée par le décor paradisiaque d’une Australie vierge de tout problème environnemental, que l’histoire dans son ensemble nous amuse au mieux par son obstination d’accumuler les poncifs mélodramatiques. Car Perfect mothers n’est point une romance de notre temps. C’est juste une bulle si épaisse que les infractions aux règles morales courantes n’y entraînent aucune sanction, en dehors de quelques ruptures au ton théâtral.
Le bonheur dans lequel ces deux couples baignent sans retenue finit vite par nous gaver. Tout un chacun est attrayant et épanoui ici. Il fait toujours beau et les irruptions éventuelles du monde extérieur, comme la mort accidentelle du mari de Lil au début du film, se passent hors-champ. Dans un tel contexte, étouffant par excès de félicité, il n’était qu’une question de temps, avant que les personnages ne s’adonnent à des rapports pratiquement consanguins. Hélas, la narration ne tire de cette embrouille aux forts accents œdipiens qu’une suite tortueuse de banalités, d’autant plus inoffensive que le ton du film s’efforce à mettre en avant la normalité de ces relations inhabituelles.
Au lieu d’élargir son horizon, Anne Fontaine s’est donc une fois de plus fait avoir par sa propension à l’artifice. Son film australien passe tout juste à côté d’une esthétique de publicité, pour nous laisser avec une intrigue ennuyeusement fataliste, si peu sûre de sa prise de position morale qu’elle se termine en quelque sorte comme elle avait commencé : en enfermant les personnages dans la plus belle des cages, un ponton en pleine mer où les amies et leurs toyboys se consacrent à leur activité principale – et tristement représentative du film –, le bain de soleil.

Vu le 18 avril 2013, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 14, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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