De l'autre côté du périph

Réalisé par David Charhon (2012)

Comédie policière
De l'autre côté du périph
Durée 95 minutes
Sortie 19/12/2012
Note 5/10

Le lieutenant de la brigade financière de Bobigny Ousmane Diakhaté enquête sur des jeux clandestins dans un vieux tripot, quand le corps d’une femme est découvert à proximité. Il s’agit de Constance Chaligny, l’épouse du patron des patrons. La police criminelle de Paris se saisit alors de l’affaire, en la personne du capitaine François Monge, un fonctionnaire ambitieux et malléable qui a horreur de la banlieue. Or, Ousmane y voit l’occasion rêvée pour faire avancer sa propre enquête. Il se débrouille pour faire équipe avec François. Une équipe particulièrement mal assortie, qui devra se frayer son chemin dans la jungle des affaires parisiennes et celui du bizness à Bobigny.

La critique

Par Tootpadu 09/01/2013

On évoque souvent les classiques populaires du genre dans cette comédie policière hautement inoffensive, comme Le Professionnel de Georges Lautner et Le Flic de Beverly Hills de Martin Brest. Nous ne prenons aucun risque si nous parions que dans trente ans – le laps de temps qui nous sépare de ces phénomènes des années 1980 –, plus personne ne se souviendra de ce film-ci. De l’autre côté du périph est tout à fait le type de film que l’on oublie très rapidement, parce qu’il ne prend pas le moindre risque et qu’il gaspille son potentiel de mettre en garde contre une société, en France et ailleurs, qui avance à deux vitesses, au profit de vagues propos populistes qui ne feraient pas mal à une mouche. Même les clichés les plus rances sur les cités délabrées de la banlieue et les beaux quartiers de Paris, il les énumère sagement, sans y apporter ne serait-ce qu’une pincée de clairvoyance quant à un clivage social qui pourrait bien mener notre civilisation à sa perte.
C’est très simple : tout le monde occupe la place qu’il mérite dans cette intrigue mollasse. Si changement d’attitude ou de préjuge il y a, ce sera pour réconforter les idées reçues et inverser au mieux les rapports de force au sein d’une hiérarchie sociale que personne ne met sérieusement en doute. Ousmane a beau se moquer de l’état d’esprit étroit de son collègue involontaire, et inversement par rapport au tempérament intempestif de ce flic passablement caricatural dans sa volonté maladroite de monter en grade, le statu quo et la barrière à peu près infranchissable du périphérique ne sont guère ébranlés par cette affaire d’une vacuité consternante. Pire encore, l’enquête chaotique s’essouffle progressivement et ses enjeux deviennent vite aussi inintéressants que les pas timides de rapprochement entre Ousmane et François.
Malgré la mise en scène bancale de David Charhon et la bande originale parfois trop tendue de Ludovic Bource, le deuxième film de son réalisateur demeure un divertissement passable. Omar Sy y joue avec son charme habituel, bien que son interprétation sonne de temps en temps comme une resucée peu inspirée du rôle de trublion au cœur en or dans Intouchables, qui avait fait de lui une vedette. Quant à Laurent Lafitte, il se contente de colporter convenablement le stéréotype du carriériste à la fois pervers et maniaque, qui a besoin de son « cousin » de la banlieue pour retrouver un sens très conformiste à la vie.

Vu le 9 janvier 2013, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 13

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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