Top cops
Réalisé par Kevin Smith (2010)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 23/06/2010 |
| Note | 3/10 |
Les deux flics de New York Jimmy Monroe et Paul Hodges sont comme cul et chemise depuis neuf ans. Après avoir pitoyablement raté l'arrestation du dealer présumé Juan, ils sont suspendus pendant un mois. Cette mise à pied arrive au mauvais moment pour Jimmy, qui avait besoin de l'argent pour financer le mariage de sa fille Ava. Afin d'éviter que Roy, le nouveau mari de son ex-femme, prenne la relève, Jimmy se résigne à vendre une de ses cartes de collection. Mais le précieux objet lui est volé par Dave, un petit braqueur minable, qui le fourgue à Poh Boy, le patron de Juan.
La critique
Par Tootpadu 23/06/2010
Le cinéma des années 1980 est en effet à l'honneur dans Top cops, malheureusement dans ce qu'il avait de plus ringard et d'ennuyeux. L'absence totale d'originalité du côté de l'intrigue est ainsi encore aggravée par un humour, qui ne mérite même pas d'être considéré comme tel. Alors que le naufrage des comiques américains lors de leur passage au cinéma est un thème récurrent, l'échec cuisant de ce film n'est pas exclusivement à mettre sur le compte de Tracy Morgan, au demeurant bien pesant. Car les autres acteurs se débattent avec un détachement, voire un dégoût comparable contre une avalanche de répliques plus débiles et forcées les unes que les autres.
Sur l'air pitoyablement rétro de la musique de Harold Faltermeyer, qui ressemble plus à l'accompagnement monotone d'un mauvais jeu vidéo qu'à la partition enjouée d'une comédie qui ne l'est pas du tout, Top cops doit bien être le film de Bruce Willis le plus irrécupérable depuis Breakfast of champions de Alan Rudolph. Il n'y a en fait rien à sauver ici : ni l'emphase agaçante avec laquelle les acteurs débitent un flot de répliques grotesques, ni le rythme lénifiant de la narration qui cherche en vain un enjeu quelconque à toute cette agitation inutile, ni une intrigue risible à l'humour lamentable, qui singe si parfaitement les manies scénaristiques de Kevin Smith que sa simple récupération en tant que réalisateur relève au mieux de l'anecdotique.
Apparemment, Kevin Smith n'aime pas mettre la barre trop haut, dans le sillage d'un succès commercial ou critique, pour ne pas se trouver face à un défi insurmontable. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'est pas foulé avec cette comédie infecte, que même un réalisateur aussi limité que lui saura surpasser avec un retour aux personnages et aux péripéties sans gravité auxquels il nous avait presque habitués dans le passé.
Vu le 17 juin 2010, à la Salle Warner, en VO