Flingueuses (Les)
Réalisé par Paul Feig (2013)
| Durée | 117 minutes |
| Sortie | 21/08/2013 |
| Note | 5/10 |
Ashburn est l’un des agents les plus doués du bureau central du FBI à New York. Au grand dam de ses collègues, elle résout même les affaires les plus difficiles et elle espère décrocher prochainement une promotion importante. Or, son supérieur Hale doute sérieusement de son esprit d’équipe et l’envoie à Boston, afin d’appréhender un dangereux baron de la drogue. Ashburn croit pouvoir aisément y faire ses preuves, grâce à sa méthode de travail scientifique et scrupuleuse. C’était sans compter sur l’agent de police local Mullins, une collègue grossière et guère coopérative, à laquelle elle devra néanmoins s’associer pour mieux se familiariser avec le terrain.
Les critiques
Par Mulder 30/08/2013
Après le succès mérité de son précédent film Mes meilleures amies, le réalisateur Paul Feig retrouve pour la seconde fois l’actrice Melissa McCarthy et nous livre cette fois un buddy movie classique mais sans réelle surprise.
Pour les non cinéphiles, on rappellera la recette d’un bon buddy movie. Pour cela, prenez une intrigue policière au format classique (trafic de drogues, psychopathe.). Plongez y deux héros que tout oppose (dans le cas présent les agents Ashburn et Mullins) et faites les travailler ensemble. Nécessairement cela va entrainer des problèmes de communication importants entre eux mais ils finiront par reconnaître les valeurs de l’autre et s’apprécier. Le scénario de Katie Dippold (scénariste et productrice de la série Parks and Recreation) néglige l’histoire de ce trafic de drogue bostonien pour se consacrer à l’étude de ces deux agents de police au lourd passé.
L’atout principal du film tient donc en la présence de la survitaminée Melissa Mc-Carthy parfaite dans son rôle et de son sidekick interprétée par Sandra Bullock. Les répliques cultes fusent tout au long de la durée et le film certes pas autant réussi que certains buddy movies rentrés dans l’histoire du cinéma (L’arme Fatale, Bad Boys, Men in black). Il se laisse cependant voir avec un certain plaisir coupable où la vulgarité est omniprésente.
La ville de Boston perd également de son charme illustre car certains quartiers auraient gagnés à être utilisés et mis en avant. Transporter toute l’action de ce film dans cette si belle ville américaine aurait pu pimenter l’intrigue mais ce n’est pas le cas. Cette succession de scénettes rappelle ainsi plus une série américaine qu’un film policier. Ce n’est pourtant pas la faute de ces deux actrices parfaites dans leur rôle mais à un scénario assez laborieux trop linéaire et sans aucune surprise.
Le film Les flingueuses ne réussit donc pas à s’imposer comme une vraie réussite et n’a pas suffisamment de qualités requises pour créer une nouvelle saga. Certes le succès rencontré sur le territoire américain tend à prouver le contraire. Ce film pop corn de cette fin de période estivale reste à consommer uniquement si vous êtes fan de Sandra Bullock ou Melissa McCarthy.
Vu le 27 aout 2013 au Gaumont Ambassade, Salle 10, en VO
Par Tootpadu 19/08/2013
« Le FBI aussi a ses règles. » L’accroche qui trône fièrement sur l’affiche française des Flingueuses se veut sans doute un jeu de mots un peu osé, aux limites du bon goût puisqu’il fait allusion à l’un des aspects les moins appétissants de la vie féminine. Elle annonce ainsi clairement la couleur d’un film, qui prétend se complaire dans la vulgarité, mais qui n’est en fait rien d’autre que la version au féminin des comédies policières à la mode dans les années 1980. Le duo particulièrement mal assorti des enquêteurs y apprend à tirer profit de leurs forces et de leurs faiblesses respectifs pour terminer tout en beauté en tant que duo de choc, désormais inséparable. A priori, rien de transcendant à signaler donc dans cette formule recyclée ad nauseam, à laquelle la mise en scène tout juste serviable de Paul Feig n’apporte aucune exubérance narrative notable.
Quelques touches pas entièrement dépourvues d’intérêt existent cependant dans cette comédie, qui confronte plutôt mollement les deux extrêmes de la mentalité américaine, à savoir le perfectionnisme coincé et une conception très populaire de la justice. Ainsi, les deux personnages principaux sont campés d’une manière presque savoureuse au début du film, quand l’ambition ergoteuse de Ashburn trouve un drôle d’écho dans le pragmatisme brut de Mullins. Dommage alors que la confrontation directe entre ces deux univers parallèles se poursuive sans la moindre surprise, si ce n’est un manque de crédibilité considérable lors des nombreux revirements du scénario de Katie Dippold, qui singe avec une certaine maladresse le petit classique de la décennie susnommée qu’est Le Flic de Beverly Hills de Martin Brest. Ce n’est que lors de la seule séquence hilarante du film, celle du sauvetage amateur d’un homme en train de s’étouffer, que l’on retrouve un soupçon de la méchanceté sanglante, voire subversive, que nous avait promis en quelque sorte l’accroche française douteuse.
Tandis que Melissa McCarthy stagne ici dans l’humour gras et les sentiments faciles qui sont sa marque de fabrique, sa partenaire Sandra Bullock risque de régresser au niveau des comédies sans envergure qui étaient autrefois son tremplin vers une reconnaissance et une gamme cinématographiques plus sérieuses. Quant aux rôles masculin, interprétés entre autres par Demian Bichir et Marlon Wayans, ils font essentiellement de la figuration dans un film qui n’affiche malgré cela aucune sensibilité féminine digne d’être mentionnée.
Vu le 19 août 2013, au Club de l'Etoile, en VO