After

Réalisé par Géraldine Maillet (2013)

Drame romantique
After
Durée 83 minutes
Sortie 30/01/2013
Note 6/10

Un soir pluvieux, Julie ne trouve pas de taxi dans le 14ème arrondissement de Paris. Elle se réfugie dans un restaurant japonais, dont le seul autre client est Guillaume. Il lie conversation avec elle, mais elle se dérobe à ses tentatives de séduction. Une fois à l’extérieur, dans le désert nocturne de la capitale, il lui propose de la rapprocher en moto de la station de taxi la plus proche. Là encore, elle refuse ses avances, avant de céder à sa proposition de prendre un dernier verre ailleurs. C’est le début d’une virée romantique pendant une nuit à Paris, entre un homme et une femme que tout sépare et qui n’arrivent pourtant pas à se quitter.

La critique

Par Tootpadu 09/01/2013

Raphaël Personnaz est partout en ce moment. Avec un film à sortir toutes les trois semaines, il court le risque de faire bientôt partie de ces jeunes espoirs français qui se consument trop vite, à force d’être surexposés après un premier succès d’estime. Au moins, son choix de rôles est assez éclectique pour lui permettre de disparaître derrière ses personnages, comme le coupable récalcitrant dans Trois mondes de Catherine Corsini, dans la comédie légère La Stratégie de la poussette, ou bien dans cette romance passagère. Toutefois, ce n’est pas lui la révélation du premier film de Géraldine Maillet, mais la radieuse, voire carrément la sublime Julie Gayet. On la connaissait depuis longtemps en tant que comédienne engagée, une sorte de Isabelle Huppert du pauvre qui joue même dans les petites productions les plus obscures si elle y décèle une quelconque ambition artistique. Ici, elle tient peut-être pour la première fois un rôle à sa mesure : celui d’une femme plus tellement épanouie qui résiste tant qu’elle le peut aux avances d’un homme aussi insistant que charmant.
Ensemble, Gayet et Personnaz, Julie et Guillaume passent une nuit qui ressemble un peu à celle de Delpy et Hawke dans Before sunrise. A la différence cruciale près que dans le film de Richard Linklater la déambulation nocturne garde l’innocence d’un point de vue de jeunesse et de touriste, là où les trentenaires désabusés de ce film-ci égrènent les endroits emblématiques du passé sans savoir si eux-mêmes, ils auront un avenir commun. En effet, la mise en scène admirablement délicate n’exacerbe nullement le potentiel romantique de cette brève rencontre. Elle sait constamment garder le ton du film dans le doute, en montrant un décor parisien presque anodin, ni tributaire des monuments qui ravissent tous les romantiques, ni enclin à montrer l’aspect plus glauque d’une métropole, la nuit. Au fil de quelques ellipses narratives fort adroites, parfaitement en mesure de préserver la fraîcheur de l’imprévisibilité à cette promenade sans but, au lieu de lasser le spectateur par une histoire qui fait essentiellement du surplace, Géraldine Maillet dresse sans complaisance le portrait d’une manœuvre de séduction à l’issue incertaine.
After, c’est du cinéma français comme on l’aime : sophistiqué sans être prétentieux, sincère sans devenir lourd, ou tout simplement humain et accessible, quoique investi d’un talent filmique qui laisse présager de grandes choses – espérons-le – pour l’avenir de sa réalisatrice !

Vu le 8 janvier 2013, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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