Trois mondes
Réalisé par Catherine Corsini (2012)
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 05/12/2012 |
| Note | 5/10 |
Al rentre avec ses amis Franck et Martin d’une soirée passée en boîte, quand leur voiture fauche un passant. Al, qui était au volant, descend pour aller voir la victime, Adrian, mais il commet finalement un délit de fuite. La vie de ce jeune homme à qui tout réussissait bascule du jour au lendemain. Alors qu’il était censé se marier quelques jours plus tard et qu’il venait d’hériter du poste de patron d’une concession de voitures de son futur beau-père, la culpabilité le taraude de plus en plus. Juliette, une étudiante enceinte qui était témoin de l’accident, rentre en contact avec Vera, la femme d’Adrian. Elle tente de l’aider dans ses démarches, mais sa solidarité envers la famille de la victime est mise à rude épreuve lorsqu’elle retrouve Al et qu’elle se rend qu’il n’est point un salaud.
La critique
Par Tootpadu 04/12/2012
Aussi sommaire soit-il, le propos du film a en effet tendance à s’embrouiller dès que les trois personnages clefs sortent du contexte social qui leur est initialement attribué. Dès que le petit parvenu risque son ascension professionnelle pour une conscience tranquille, que l’intellectuelle embourgeoisée se heurte aux limites de ses bonnes intentions altruistes dans la vraie vie, et que l’immigrée clandestine bascule du deuil vers une forme plus intéressée du dédommagement, le récit s’engage dans un cercle vicieux de compromis foireux qui ne satisferont personne. Ce flou moral romp certes avec l’antagonisme manichéen entre le bien et le mal auquel s’accroche encore largement le cinéma américain. Mais il entraîne également une perte des repères pas forcément déroutante, puisqu’elle accentue le côté humain des personnages au détriment de leur cohérence dramatique.
Au lieu de creuser en profondeur ces dilemmes moraux qui auraient nécessité une approche moins empressée de plaire à tout le monde, la mise en scène privilégie une narration toujours sur ses gardes. Roulant souvent à vive allure et parfois à l’arrêt dans un cadre urbain maussade, la voiture y sert de symbole récurrent pour des destins de vie qui n’étaient pas supposés se croiser, mais qui ont dû faire face l’un à l’autre et dévier de leur route toute tracée à cause d’un fait divers évoqué sans égards particuliers.
Vu le 26 novembre 2012, au Club Marbeuf