Piégée
Réalisé par Steven Soderbergh (2012)
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 11/07/2012 |
| Note | 6/10 |
Piégée par ses anciens commanditaires dans un café au nord de l’état de New York, Mallory Kane réussit à s’enfuir de justesse en volant la voiture d’un des clients et en le prenant en otage. Alors qu’elle fonce à toute vitesse vers le Nouveau Mexique pour y rejoindre son père, elle raconte à son accompagnateur involontaire la suite des événements qui l’a mise dans cet embarras : après avoir accompli une mission hardie pour son patron et ex-copain Kenneth à Barcelone, Mallory avait accepté un dernier contrat en Irlande. C’est alors qu’elle avait détecté les indices d’un complot, dont elle-même était la cible.
La critique
Par Tootpadu 08/08/2012
Cette chasse à la femme à travers les continents respire ainsi pleinement l’air des polars européens et américains des années 1960 et ’70, sublimé par la prédilection plastique de Steven Soderbergh pour un antagonisme visuel prononcé entre les tons bleus et jaunes. Tandis que les premiers sont prépondérants dans le récit cadre, les derniers confèrent un petit côté rétro sans excès aux nombreux retours en arrière qui ponctuent le récit. Le va-et-vient continuel de la narration entre les missions passées de l’agent secret sans états d’âme et sa fuite effrénée, qui est le résultat direct de ce travail bâclé seulement en apparence, insuffle d’ailleurs une certaine complexité à l’histoire, qui ne paraît à aucun moment confuse.
Au contraire, l’assurance de la mise en scène, dans la forme et dans le fond, garantit un divertissement de haut vol, pas sans lien de parenté avec les exploits de la bande de Danny Ocean. Et comme dans la trilogie phare du réalisateur, les vedettes se bousculent autour de la découverte majeure du film : la jeune et prometteuse Gina Carano. Que la plupart d’entre elles tombent victimes de la vigueur meurtrière de ce personnage, qui est plus dans l’action que dans la réflexion, est tout à l’honneur de ce brillant film de genre, dont le style sans faille ne cache point un fond assez nihiliste.
Vu le 6 août 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 22, en VO