John Carter
Réalisé par Andrew Stanton (2012)
| Durée | 132 minutes |
| Sortie | 07/03/2012 |
| Note | 4/10 |
En 1881, le jeune Edgar Rice Burroughs est convoqué par son oncle, l’ancien capitaine John Carter. A son arrivée, il apprend que cet explorateur excentrique est soudainement décédé et qu’il lui a laissé toute sa fortune, ainsi qu’un journal comprenant le récit improbable de ses voyages. Par accident, le héros de la guerre de Sécession avait en effet été téléporté sur la planète Barsoom, où il a été capturé par les Tharks, avant de combattre aux côtés de la princesse Dejah Thoris dans la guerre, qui oppose la ville d’Hélium à celle de Zodanga.
La critique
Par Tootpadu 05/03/2012
Il est bien connu que les films de fiction produits par Disney sont principalement destinés à un public familial, sans autre exigence formelle que de divertir par une recette si archaïque qu’elle aurait pu être imaginée par l’oncle Walt en personne. Dans le meilleur des cas, ils nous donnent l’impression trompeuse que le monde n’est pas si méchant que cela, et qu’il suffit d’avoir un animal de compagnie gentil et drôle pour se sentir moins seul. Mais quand cette vacuité esthétique et narrative tourne en rond, au point de devoir se rabattre sur le recyclage éhonté de toutes sortes de formules éprouvées ailleurs pour subsister, comme dans le cas de John Carter, il en résulte un agacement considérable. La référence littéraire à Edgar Rice Burroughs, auteur entre autres du « Cycle de Mars » et de « Tarzan », laborieusement intégrée dans un récit qui met une vingtaine de minutes avant de démarrer réellement, est ainsi une pauvre excuse pour nous importuner avec un mélange sans saveur de tous les aspects négatifs de Star Wars et de Prince of Persia Les Sables du temps de Mike Newell.
Comme l’adaptation fade du jeu vidéo, ce voyage dans le temps et l’espace collectionne vaguement des symboles mythiques censés conférer un aspect plus sérieux aux gamineries pseudo-ésotériques, qui étaient déjà risibles il y a trente ans sous le titre Le Choc des Titans de Desmond Davis. L’amalgame des références, encore passablement divertissant dans le remake de ce film-là par Louis Leterrier, devient vite affligeant ici, faute d’une unité narrative capable de créer quelque chose de cohérent et d'engageant. Pendant que les acteurs cabotinent à volonté et que le maître des plagiaires musicaux Michael Giacchino pique autant chez Maurice Jarre et sa partition de Lawrence d’Arabie qu’il l’avait fait précédemment dans les thèmes bondiens de John Barry, nous n’avons plus qu’un souhait : que ce spectacle navrant se termine rapidement. Hélas, même de cet acte de miséricorde ce film assez pénible est incapable, puisqu’il traîne au bout de plus de deux heures l’intrigue jusqu’à une fin, qui ne nous a apportés aucune satisfaction.
Il ne s’agit certes que d’un produit dérivé de ce studio autrefois exemplaire qu’est Pixar. La perspective de le voir consciemment s’abaisser au niveau des productions les plus vilaines de Jerry Bruckheimer n’augure pourtant rien de bon pour l’avenir de cet ancien innovateur dans le domaine de l’animation, autant à l’aise du côté des prouesses techniques que de celui de la narration intelligente. Espérons qu’un hypothétique succès tonitruant de ce film tout à fait dispensable ne le confirmera pas dans sa voie de devenir une machine à pop-corn sans âme, ni scrupules, ni – et c’est certainement cela le pire – pertinence.
Vu le 22 février 2012, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO