Descendants (The)
Réalisé par Alexander Payne (2012)
| Durée | 115 minutes |
| Sortie | 25/01/2012 |
| Note | 5/10 |
Suite à un grave accident de bateau, la femme de l’avocat Matt King est dans le coma. Puisque sa situation se détériore et qu’il n’est plus qu’une question de jours avant qu’elle meure, son mari rassemble ses deux filles Scottie et Alex pour entamer ensemble le deuil de sa chère épouse. Or, Matt doit apprendre de la bouche d’Alex que sa femme a eu une affaire et qu’elle était sur le point de lui demander le divorce. Complètement désemparé face à cette révélation, il part à la recherche de l’amant de sa femme, une quête qui le ramènera contre toute attente à la vente imminente du dernier coin paradisiaque de Hawaï, sur lequel sa famille veillait depuis des siècles.
La critique
Par Tootpadu 14/02/2012
Comme ce fut déjà le cas dans les films précédents du réalisateur, les moments qui brillent par un véritable ressenti humain se font excessivement rares dans The Descendants. Même quand le personnage principal – joué avec un flegme presque antipathique par un George Clooney en petite forme – réussit à établir un lien sincère avec le plus caricatural de ses pendants lors d’un échange de confidences nocturne, ce moment précieux, qui a failli rétablir chez nous l’espoir de ne pas demeurer complètement indifférent à ce qui se passe à l’écran, s’évapore sans laisser de trace dans le flux narratif sans haut, ni bas. L’apathie que nous inspire ce film presque bancal provient de son incapacité, voire de son refus volontaire, de creuser plus en profondeur que de jolies cartes postales de Hawaï, des situations hautement convenues, et une voix off omniprésente qui le prive du moindre mystère. La platitude du propos et des dispositifs filmiques employés caractérise en effet plus ce film en particulier – et l’œuvre de Alexander Payne en général – que son inclination artificielle à l’élaboration laborieuse du portrait d’une famille déglinguée.
Nous quittons donc sans regret ce groupe de personnages prétendument plus soudé grâce à l’épreuve qu’il a dû traverser, en train de se gaver de glace en regardant La Marche de l’empereur. Car cette image consensuelle, mais sans valeur sociale propre, est symptomatique d’un film, qui ne fournit même pas un effort notable pour nous renvoyer quelque chose de plus précis ou vigoureux que notre propre torpeur vitale. En effet, nul besoin d’aller au cinéma pour se rappeler que le monde grouille d’injustices et de situations gênantes desquelles toute sortie victorieuse s’avère illusoire.
Vu le 14 février 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 13, en VO