All good children
Réalisé par Alicia Duffy (2011)
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 03/08/2011 |
| Note | 6/10 |
Après le suicide de leur mère, les frères irlandais Dara et Eoin sont placés par leur père chez leur tante Valérie, à la campagne dans le nord de la France. Dans la forêt, Dara fait la connaissance de Bella, une fillette anglaise qui vient également d’arriver dans la région. Les enfants jouent ensemble pendant l’été autour de la demeure que les parents de Bella ont entrepris de rénover. Dara est séduit par la jeune adolescente effrontée et s’imagine de vivre avec elle, à part dans une maison abandonnée au fin fond de la forêt.
Précédé du court-métrage de Alicia Duffy The Most Beautiful Man in the World (6 minutes).
La critique
Par Tootpadu 26/07/2011
Comme pour mieux se protéger du monde extérieur, le jeune protagoniste de All good children s’imagine un genre de jardin secret, où il pourrait filer le parfait amour avec le seul autre personnage qui paraît lui prêter attention. Pour lui, Bella représente la porte inespérée vers une adolescence épanouie, qui l’autoriserait à se remettre de la vision effroyable de sa mère noyée dans la baignoire, au début du film. Ce paradis imaginaire vole évidemment en éclats, d’abord par la révélation blessante que la jeune fille ne se plaît nullement dans l’environnement bucolique qu’elle explore avec ses nouveaux amis, et puis par une autre découverte, encore plus néfaste, qui met définitivement en question la complicité aux signes timides d’une affection sexuelle, de laquelle Dara tirait toute sa joie de vivre.
Car sans pour autant être particulièrement déprimant, le récit est rythmé par des mouvements de fuite et des postures de soumission coupable de la part d’un garçon, qui ne veut peut-être aucun mal, mais qui le commet néanmoins, afin de conformer le monde extérieur à l’utopie sentimentale à laquelle il aspire. La mise en scène n’émet guère de jugement face à ce comportement irresponsable. Au mieux, elle décrit les adultes comme entièrement exclu des préoccupations de plus en plus fanatiques de leur progéniture. Son ambition principale consiste davantage en l’élaboration d’un portrait passablement désespérant, mais certainement envoûtant, d’une enfance laissée à elle-même. De cet abandon, par ailleurs le fil conducteur du court comme du long-métrage, naît une sorte de perte de la civilisation, qui se solde par un retour aux sources assez barbare.
Vu le 25 juillet 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO