Carnaval des dieux (Le)

Réalisé par Richard Brooks (1957)

Drame
Carnaval des dieux (Le)
Durée 113 minutes
Sortie 31/08/1957
Note 4/10

En 1945, les fermiers britanniques règnent encore avec une main ferme de maître sur le Kenya. Seule une minorité des blancs riches tient compte des coutumes des tribus africaines. Parmi eux le fermier Henry McKenzie, qui avait confié, à la mort de son épouse, l'éducation de son fils Peter à la femme de son contremaître africain. Depuis, Kimani, le fils de ce dernier, et Peter sont des amis inséparables. Toutefois, la résistance violente des indigènes contre l'oppression coloniale se met en place et Kimani, las des humiliations, rejoint les rebelles du mouvement Mau Mau.

La critique

Par Tootpadu 23/05/2008

Les intentions moralisatrices de ce film d'une autre époque sont au moins aussi énormes que ses insuffisances narratives. Dès le début, qui présente les personnages d'une façon incroyablement paresseuse, le ton est donné pour un conte, qui se veut humaniste, mais qui reste particulièrement fade et schématique à force de vouloir rendre justice aux deux côtés du conflit. Même si l'action se déroule en Afrique, dans un passé étonnamment récent, il est en effet aisé d'établir un lien avec la lutte naissante pour l'égalité raciale aux Etats-Unis. De ce point de vue, l'approche du film est désagréablement condescendante et paternaliste vis-à-vis des personnages africains, tous dépeints comme des sauvages facilement influençables et lâches.
Cependant, le portrait des blancs n'est pas pour autant plus glorieux. Si l'idéalisme naïf de Peter correspond sans doute au canon hollywoodien de l'époque, le jeu peu crédible de Rock Hudson enlève au personnage toute authenticité. Prisonnier à la fois d'un combat qu'il a beaucoup de mal à définir clairement, en dehors de phrases toutes faites, et d'une romance hautement clichetonneuse, ce protagoniste ne suscite pas la moindre émotion. Son adversaire malgré lui ne s'en sort guère mieux, puisque Sidney Poitier, dans un de ses rares rôles africains et au moins partiellement empreint d'ambiguïté morale, ne brille pas non plus par la subtilité de son jeu. Son Kimani obéit ainsi plus aux exigences d'un scénario décousu et d'une morale pour le moins douteuse, qu'à un raisonnement personnel crédible.
Enfin, même les beautés de la nature africaine n'arrivent pas à nous amadouer, à cause d'une photo en noir et blanc sans éclat et composée d'une grande majorité de prises asphyxiantes en studio.

Vu le 23 mai 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VF :-(

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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