Lyonnais (Les)
Réalisé par Olivier Marchal (2011)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 30/11/2011 |
| Note | 5/10 |
Pendant qu’il célèbre le baptême de son petit-fils, Momon Vidal, l’ancien meneur du gang des Lyonnais dont les braquages spectaculaires avaient défrayé la chronique trente ans plus tôt, apprend que son ami et complice d’antan Serge Suttel a été arrêté par la police. Alors que Momon s’est retiré des affaires depuis longtemps, Serge a persévéré dans les petites combines et autres trafics de drogues, qui lui vaudront soit de passer le reste de sa vie derrière les barreaux, soit de se faire descendre par la pègre qu’il a trahie. Parce qu’il n’a qu’une parole et qu’il considère toujours Serge comme son frère, Momon tente par tous les moyens de le protéger, quitte à faire appel à de jeunes voyous pour lui permettre de s’évader de prison.
La critique
Par Tootpadu 05/12/2011
La structure inutilement alambiquée du récit nous ressert ainsi l’éternelle histoire du jeune criminel à qui tout réussit, jusqu’à ce qu’il se fasse doubler par des concurrents encore plus téméraires que lui. L’appel fait au mythe de l’honneur entre gangsters s’avère dans ce contexte aussi vain et paresseux que le choix d’une palette de couleurs dénaturées pour évoquer la période faste des exploits de Momon et ses acolytes. Le va-et-vient incessant entre le passé et le présent, entre l’insouciance des débuts et la sagesse, voire la gravité, qu’apporte une vie amplement vécue, ne produit aucune étincelle ou sursaut tragique, en mesure de nous faire adhérer à cette énième resucée d’une formule usée jusqu’à la corde.
Il ne reste alors que des vieillards qui s’accrochent tant soit peu aux vestiges de leur masculinité : Gérard Lanvin en se promenant torse nu dans son jardin et en essayant de faire passer la résignation de son personnage par un regard vide et Tchéky Karyo dont le regard perçant cache au contraire plutôt mal la superficialité du sien, une coquille creuse à l’image de ce film, qui n’a strictement rien de nouveau à dire en termes cinématographiques sur l’héritage du grand banditisme français.
Vu le 5 décembre 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 15