Public enemies

Public enemies
Titre original:Public enemies
Réalisateur:Michael Mann
Sortie:Cinéma
Durée:140 minutes
Date:08 juillet 2009
Note:
En 1933, alors que la prohibition est en vigueur depuis quatre ans, le braqueur de banques John Dillinger n'arrête pas de narguer les forces de l'ordre. Active dans plusieurs états, sa bande a toujours une longueur d'avance sur la police locale. Afin de mettre Dillinger derrière les barreaux une fois pour toutes, le directeur du nouveau bureau fédéral d'investigation J. Edgar Hoover charge l'agent Melvin Purvis avec la chasse du criminel depuis Chicago. Un des points de repère pour les enquêteurs est Billie Frechette, la copine de Dillinger, auprès de laquelle ce dernier revient après chaque coup.

Critique de Tootpadu

A ce jour, Michael Mann est probablement le seul réalisateur de sa génération qui peut encore disposer de budgets de production conséquents, tout en se renouvelant formellement dans un souci constant d'evolution vers ce que l'on peut considérer comme "moderne". Pour ne citer qu'eux, Oliver Stone cultive actuellement sa hargne contestataire dans des films aussi économiquement opportunistes que Wall Street 2 Money never sleeps, Tony Scott répète jusqu'à satiété et depuis vingt ans la même esthétique des clips vidéos des années 1980, Robert Zemeckis a régressé au stade enfantin avec sa prédilection exclusive pour les films d'animation, et Ron Howard n'a été à aucun moment de sa carrière progressiste, ni dans la forme, ni dans le fond. Il ne reste donc plus que Michael Mann pour ouvrir à grande échelle nos horizons de cinéphile, et avec un bagage filmique qui force le respect.
Car si Public enemies est un film qui s'adapte avec une volonté bluffante aux possibilités techniques du cinéma numérique, il s'inscrit tout autant dans la continuité de l'oeuvre de son réalisateur. Les références aux films passés de Michael Mann sont en effet nombreuses, à commencer par Heat, qui se trouve à l'opposé de Public enemies, puisqu'il conte une histoire plus récente de braqueurs à travers un style plus ancien. L'affrontement entre Dillinger et Purvis en prison rappelle logiquement la rencontre entre McCauley et Hanna dans le no man's land tout aussi inoffensif de la cafétéria. Et les braquages successives disposent forcément de quelques similitudes avec celles à Los Angeles soixante ans plus tard, la bande son tonitruante en moins. En somme, ce film-ci opère tel un reflet fascinant de l'autre, avec au moins autant de différences que de points communs.
L'aspect le plus passionnant de Public enemies est cependant la réinvention du genre du film de gangster par une simple révolution visuelle. D'emblée, les mouvements nerveux de la caméra et la texture qui trahit volontairement l'origine numérique des prises ont de quoi dérouter. Mais de cette esthétique très dans l'air du temps naît un ton curieusement intimiste. Initialement réservée au cinéma indépendant par son coût abordable, la photographie numérique a préservé dans notre souvenir visuel collectif une connotation de liberté et d'instantanéité, en rapport avec ces films-là. Même si Michael Mann n'est pas le premier à découvrir les possibilités du nouveau support, il franchit un pas considérable avec ce film, qui pourrait bel et bien ouvrir la voie à un nouveau degré de réception et d'acceptation du numérique.
Par conséquent, Public enemies romp formellement avec les films de gangster de la grande époque, de Raoul Walsh et Michael Curtiz à Arthur Penn. Mais ce qu'il nous propose à la place relève d'une vision filmique personnelle au moins aussi enthousiasmante.

Vu le 4 septembre 2009, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 30, en VO

Note de Tootpadu:

Critique de Mulder

Michael Mann est sans aucun doute l'un des plus grands réalisateurs actuellement encore en activité. De film en film, il impose sa propre patte et fait de chacun d'eux une oeuvre à part entière, où le talent de ce grand réalisateur est mis en avant par un scénario soigné, et surtout un casting parfaitement maîtrisé.

Cette fois-ci, Michael Mann est servi par trois comédiens en pleine forme. Les spectateurs découvrent ainsi que loin des pitreries de Pirates des Caraïbes, Johnny Depp est un acteur brillant, à condition d'être dirigé avec brio. Dans son rôle de John Dillinger, le plus recherché des criminels des années 1930, il s'impose par une interprétation sans faille. Sa présence est sublimée par ses partenaires : Marion Cotillard continue à montrer à quel point elle est une grande actrice et Christian Bale qui non seulement mène une carrière parfaite, mais montre surtout qu'il fait bien partie des acteurs qui rentrent totalement dans leur rôle.

Certes, ce film ne sort pas du carcan habituel des films de gangster et de ce fait semble un peu daté. Mais par la virtuosité d’une mise en scène inspirée, il s'impose comme le film à ne pas rater de cette année.

Puisque ce film s'inspire d'une histoire vraie, les spectateurs connaissent déjà sa fin dramatique. Reste que voir une telle somme de talent réunie fait que le plaisir de chaque cinéphile est total. Un film à ranger dans sa vidéothèque à côté de Collateral, Heat et Révélations !

Vu le 11 juillet 2009, au Gaumont Disney Village, Salle 2, en VF

Note de Mulder: