Art d'aimer (L')

Réalisé par Emmanuel Mouret (2011)

Comédie romantique
Art d'aimer (L')
Durée 85 minutes
Sortie 23/11/2011
Note 6/10

Six histoires d’amour et de désir : celle du compositeur Laurent qui cherche la mélodie capable de le faire tomber amoureux ; de la libraire Isabelle qui n’a pas eu de rapports depuis un an, ce qui pourrait changer grâce à la proposition indécente de son amie Zoé ; d’Achille qui doit faire preuve de beaucoup de patience avant de pouvoir embrasser sa voisine ; d’Emmanuelle, mariée depuis longtemps, qui ne veut plus résister à ses désirs pour d’autres hommes ; de Vanessa qui vit en couple libre avec William et qui éprouve pourtant des remords quand un collègue lui déclare son amour ; et enfin d’Amélie qui ne se sent pas assez généreuse, mais qui n’est pourtant pas prête à céder aux avances de son meilleur ami Boris, par peur de mettre en péril son couple.

La critique

Par Tootpadu 21/11/2011

Si la trame narrative du film précédent d’Emmanuel Mouret, le plaisant quoiqu’un peu narcissique Fais-moi plaisir, était déjà sensiblement découpée, celui-ci pousse la liberté de la structure dramatique encore plus loin, puisqu’il consiste essentiellement en une demi-douzaine de saynètes plus ou moins brèves, qui ont toutes plus ou moins concrètement trait à l’amour. Le réalisateur a suffisamment exploré ce sentiment fugace dans ses films antérieurs pour savoir qu’on peut le confondre facilement avec le désir, voire avec la volupté. Par conséquent, sa poignée de personnages s’adonne gaiement – mais sans s’avilir par quelque bassesse graveleuse que ce soit – à toutes sortes de frivolités, qui ne lui procurent pas nécessairement ce sentiment noble et romantique, mais qui sont un prétexte plus que convenable pour un enchaînement mi-divertissant, mi-mélancolique de galipettes sans conséquences graves.
Le point fort de L’Art d’aimer est en effet qu’il ne sait prendre complètement au sérieux ni la quête idéalisée de l’amour, ni les étourdissements sentimentaux de ceux et surtout de celles qui s’y adonnent. Personne ne sera déclaré maître dans le domaine de Cupidon à l’issue de ces quiproquos et autres non-dits embarrassants. Et pourtant, chacun de ces épisodes pétillants servira à démonter le mythe de l’amour parfait, afin de tirer justement une leçon délicatement amusante des défauts de ces contes à l’eau de rose. Un humour subtilement acerbe découle de ces mésaventures en matière de libido et de coups de foudre improbables, que la mise en scène sait parfaitement canaliser à travers des chapitres à la durée et à l’importance narrative inégales, qui forment néanmoins un récit agréablement organique.
La désinvolture narrative dans laquelle Emmanuel Mouret tend à exceller ici ne doit cependant pas faire oublier sa maîtrise tout aussi impressionnante de la parole et de ses répercussions filmiques. Toujours aussi peu exubérant dans l’expression visuelle, son style cinématographique se rapproche davantage des flux verbaux enchanteur d’un Eric Rohmer, duquel il a hérité en toute modestie la plume aiguisée, quoique guère méchante.

Vu le 15 novembre 2011, au Club de l'Etoile

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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