Je ne dis pas non

Réalisé par Iliana Lolic (2009)

Comédie romantique
Je ne dis pas non
Durée 91 minutes
Sortie 15/07/2009
Note 6/10

Adèle aimerait tant que les hommes la lâchent un peu, au lieu de lui tourner autour comme des mouches. Dans sa vie, il y a François, son amant de toujours qui vient la voir lorsque sa femme est en vacances, Robert, son futur ex qui lui pose trop de questions et ne respecte pas les heures de rendez-vous, et puis Guillaume, tout juste sorti de prison, qui s'incruste chez elle quand il en a marre de vivre dans la rue. Toutes ses galères de coeur et de cul, Adèle est contente de pouvoir les confier à Matteo, une connaissance qu'elle croise tous les matins au café du coin.

La critique

Par Tootpadu 12/06/2009

La frivolité fait la force de cette comédie française, le premier film de sa réalisatrice. L'existence du personnage principal féminin comporte son lot de rencontres glauques, avec des hommes que le hasard lui apporte dans la rue. Mais Adèle excelle dans une attitude à la fois évasive et blasée, qui rend ces attachements fortuits subtilement amusants. Elle n'est pas plus une femme soumise qu'une éternelle optimiste à la Poppy dans Be happy de Mike Leigh. Son quotidien est plutôt régi par une désinvolture sentimentale et sexuelle, qui lui attire autant d'ennuis que de prétendants.
Le plus étonnant dans l'hystérie manifeste d'Adèle, c'est qu'elle prend une allure si enfantine et insouciante, que même les circonstances les plus dangereuses ou ringardes prennent une tournure loufoque chez elle. Son pragmatisme, qui ressemble faussement à de la naïveté, la met à l'abri des déceptions amoureuses, justement parce qu'elle n'attend rien de ce côté-là et que son engagement ne joue pas sur ce tableau-là. Néanmoins un exemple touchant du désarroi et de la solitude urbains, Adèle va trouver un peu de sérénité auprès d'un homme qu'elle n'aborde pas tout de suite dans une démarche sournoisement sexuelle.
Seul l'aspect peu séduisant de la photo numérique trahit la nature peu coûteuse de cette comédie estivale. Pour le reste, ce portrait de femme interpelle positivement, grâce aux interprétations complémentaires de Sylvie Testud, toujours aussi malheureuse au fond, et de Stefano Accorsi, plus que jamais un séducteur italien raffiné.

Vu le 10 juin 2009, au Club Marbeuf

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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