On ne choisit pas sa famille
Réalisé par Christian Clavier (2011)
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 09/11/2011 |
| Note | 4/10 |
Kim et Alex, un couple lesbien qui vit confortablement à Paris, souhaitent adopter une petite orpheline thaïlandaise, que Kim avait rencontrée lors d’un tournage. A cause du durcissement de la législation locale, qui ne permet désormais plus qu’aux couples mariés d’adopter, elles sont désespérément à la recherche d’un homme qui pourrait se faire passer pour le mari de l’une d’entre elles. Puisque tous leurs amis homos leur ont fait faux bond, elles devront se rabattre sur César, le frère aîné d’Alex, qui n’accepte de participer à cette magouille qu’en échange d’une forte somme pour renflouer les caisses de son garage. Une fois sur place à Bangkok, les emmerdes ne font que commencer, grâce à César qui ne sait pas tenir sa langue et au docteur Luix, qui voit d’un mauvais œil les fraudeurs à l’adoption.
La critique
Par Tootpadu 20/10/2011
Puisque les seules trouvailles vaguement amusantes ont d’ores et déjà été usées jusqu’à la corde dans le matériel promotionnel du film, tout ce qu’il reste au spectateur désemparé par tant de maladresse narrative, c’est de voir cette tentative bâclée de prêcher un peu d’ouverture d’esprit aux couches sociales les plus arriérées, se désintégrer carrément devant ses yeux. Alors que nous pouvons être modérément rassurés par le progrès tout relatif accompli par la société française depuis les années 1980 en termes de tolérance, voire d’acceptation, de styles de vie et de couples homos, la mise en scène et le scénario ne savent jamais trop sur quel pied danser, quand il s’agit de traiter de front cet amour si peu commode pour les derniers défenseurs d’une vision réactionnaire du monde. Supposons que Christian Clavier a voulu bien faire en apportant sa modeste contribution au combat pour une plus grande égalité des droits de la communauté gaie et lesbienne, à travers cette version française et faussement comique de Tout va bien The Kids are all right de Lisa Cholodenko, il s’est néanmoins vautré lamentablement en véhiculant à la pelle des clichés tellement énormes qu’ils feraient honte au plus borné des homophobes. Avant de voir les activistes en faveur de l’homoparentalité monter sur les barricades pour protester contre un film si bénin qu’il ne mérite même pas un tel tollé, il convient de signaler que d’autres égarements d’une société discriminatoire, comme la xénophobie ou tout simplement le crétinisme à l’état pur, sont évoqués avec la même complaisance infecte par un scénario dépourvu de la moindre finesse.
Pour ceux et celles qui ne fuiraient pas d’office devant un tel étalage de bonnes intentions horriblement mal agencées, il ne reste donc plus qu’à admirer le beau paysage thaïlandais en préparation du prochain voyage en Asie. Au moins en tant que publicité visuelle, le premier film de Christian Clavier, qui restera – espérons-le – le seul, remplit à peu près son contrat, même s’il faut passer par un nombre conséquent d’inepties dans le fond pour accéder à cet album déformé et en fin de compte peu avantageux de la Thaïlande.
Vu le 20 octobre 2011, au Club de l'Etoile