Clerks II

Clerks II
Titre original:Clerks II
Réalisateur:Kevin Smith
Sortie:Cinéma
Durée:97 minutes
Date:02 mai 2007
Note:
Après l'incendie de la superette dans laquelle ils ont travaillé pendant dix ans, les deux amis Dante Hicks et Randal Graves gagnent leur vie dans le fast-food Mooby's. Dante s'apprête à quitter le New Jersey pour se marier avec la belle Emma et gérer un des garages de son futur beau-père en Floride. Il n'oubliera pas de sitôt son dernier jour de travail, qui comporte son lot de surprises et d'effusions sentimentales de la part de Randal, de Becky, la séduisante gérante du restaurant, d'Elias, le collègue croyant et puceau, et des indécrottables Jay et Silent Bob.

Critique de Tootpadu

Kevin Smith compte parmi ces réalisateurs qui évoluent à l'intérieur d'un univers très personnel et facilement reconnaissable. Le cadre spécifique de ses films dépasse les personnages récurrents, qui apparaissent dans la plupart des sept réalisations qu'il a désormais à son actif, puisqu'il se décline également à travers l'écriture, le ton et les préoccupations au sens large de l'histoire. Car le monde selon Kevin Smith reste sérieusement casanier et réduit par rapport aux sujets qu'il traite. Cette concentration sur un microcosme, que l'on pourrait facilement interpréter comme un nombrilisme immature, empêche son travail d'évoluer. Et l'asphyxie guette ainsi au fil des bavardages interminables, qui tournent invariablement autour de sujets sans grand intérêt pour tout spectateur qui ne se reconnaît pas dans la philosophie propre au réalisateur, à mi-chemin entre l'hédonisme et la pudibonderie.
Clerks II, qui a mis presque un an à sortir en France, depuis sa première cannoise, ne fait guère exception à la règle. Très vite, l'action rudimentaire tourne autour des échanges plus ou moins lourds des employés du restaurant. Une chose, que nous avons le plus grand mal de qualifier comme de l'humour, se dégage alors des tirades à forte tendance raciste, sexiste ou homophobe. Bien sûr, Kevin Smith ne se fait point l'avocat de ces aberrations sociales, mais il les inclut avec une telle ténacité dans ses répliques, que la portée morale du film en pâtit considérablement. A force de railler les incertitudes sexuelles des uns et de se délecter du vocabulaire vulgaire des autres, le film s'approche très dangereusement du niveau nauséabond de certaines parodies débiles récentes (Sexy Movie et sans doute aussi Big Movie).
Le seul rayon de soleil capable d'illuminer tant soit peu cette farandole de geeks, qui tourne paresseusement en rond, est l'interprétation de Rosario Dawson. Au plus tard lors de sa danse sur "ABC" des Jackson 5, d'ailleurs un des rares moments réussis du film, elle nous conquiert complètement, grâce à sa beauté, son charme et son humanité, qui dénotent forcément dans ce festival de la médiocrité.

Vu le 24 avril 2007, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO

Note de Tootpadu: