Qui donc a vu ma belle ?

Réalisé par Douglas Sirk (1951)

Comédie
Qui donc a vu ma belle ?
Durée 86 minutes
Sortie 30/11/1951
Note 6/10

A la fin des années 1920, alors qu'il croit être sur son lit de mort, le millionnaire Samuel Fulton rédige son testament. Comme il n'a pas de famille proche, il lègue sa fortune aux Blaisdell, les descendants de la seule femme qu'il ait jamais aimé, mais qui lui avait préféré un homme plus modeste. Afin de s'assurer que cette famille est digne de l'héritage, Fulton s'installe chez elle sous un faux nom et un faux prétexte.

La critique

Par Tootpadu 01/07/2010

"Rappelez-vous, ce film parle d'argent !" Cet avertissement mis en exergue de cette comédie philosophe n'en dévoile que partiellement la portée. Certes, ses personnages sont conditionnés à des degrés variables par l'argent qu'ils ont et, surtout, qu'ils n'ont pas. Mais en premier lieu, Douglas Sirk s'adonne à une exploration joyeuse de tout ce qui a de la valeur dans la vie, sans que l'on puisse mettre un prix dessus. Son conte anti-matérialiste aurait presque un léger parfum communiste, ou au moins fort altruiste, si ce n'était pour son enracinement profond dans une Amérique provinciale parfois trop pittoresque.
Les couleurs chaudes d'un Technicolor resplendissant et les bons sentiments omniprésents font en effet office de distraction, pour adoucir tant soit peu le regard ironique, voire acerbe, que Sirk porte sur cette famille pas si parfaite que cela. Le vieux millionnaire plein de bonhomie a beau entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour écarter le malheur de sa famille de substitution, devenue riche du jour au lendemain gràce à lui ou par sa faute, c'est selon, cette aisance matérielle subite aura vite raison de la gentillesse de ses hôtes. Dans ce sens, Qui donc a vu ma belle ? est un formidable conte satirique sur l'hypocrisie et le caractère superficiel des pires défauts, tout comme des qualités les plus charmantes, de l'humanité.
La mise en scène enjoué de Douglas Sirk enveloppe ce constat amer, mais pas désespérant, dans une forme filmique des plus plaisantes. Quelques répliques assassines et une distribution sans reproche, de la bienveillance paternelle de Charles Coburn à l'apparition éclair d'un jeune James Dean, en passant par un Rock Hudson déjà fortement idéalisé à l'époque, parfont le plaisir de revoir ce film, dont le message n'a pas pris une ride.

Revu le 5 février 2009, en DVD, en VO
Revu le 29 juin 2010, en DVD, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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