Ange du mal (L')

Réalisé par Michele Placido (2011)

Gangster, Interdit aux moins de 12 ans
Ange du mal (L')
Durée 111 minutes
Sortie 07/09/2011
Note 4/10

Attiré par le crime depuis son enfance, le gangster Renato Vallanzasca s’est déjà forgé une réputation d’envergure, quand il s’évade de prison en juillet 1976. Pendant les deux cents jours suivants, lui et sa bande défraient la chronique à force de braquages de banques spectaculaires et d’enlèvements d’industriels. La virée criminelle s’achève toutefois le 15 février 1977, lorsque les carabiniers arrêtent Vallanzasca à Rome, où il va être accusé du meurtre d’un policier et d’autres méfaits, qui lui vaudront une quadruple perpétuité.

La critique

Par Tootpadu 28/07/2011

Le cinéma italien se porte visiblement bien ces derniers temps, vu le nombre élevé de films qui sortent sur les écrans français. Pourtant, dans leur globalité – et à l’exception d’un chef-d’œuvre isolé, signé Paolo Sorrentino ou Matteo Garrone, et d’une pépite charmante concoctée par Gianni Di Gregorio – ces productions transalpines ne brillent pas par leur qualité. Il semblerait que nos voisins du sud se bornent à exploiter toujours les deux mêmes genres d’histoires : des romances sur fond d’amitiés éprouvées au fil du temps, dont Stefano Accorsi est souvent le jeune premier plus si frais, ou bien des épopées du crime, qui ne glorifient pas forcément la mafia, mais qui reviennent invariablement sur la période traumatisante des années 1970, quand toute l’Italie était secouée par une vague sans précédent d’une violence révolutionnaire ou gratuite. Bien sûr, cette impression relève aussi de la caricature, puisque nous sommes évidemment conscients que seul un échantillon de la production nationale nous provient et que même de cette sélection conséquente, nous n’en avons pas tout vu. Mais ce décalage entre l’apparence d’un nouvel âge d’or, seulement suscitée par les sorties au moins bimensuelles de films italiens, et la pauvreté du contenu et de la forme nous interpelle.
Le nouveau film de Michele Placido ne fait hélas pas exception à la règle. Au contraire, il revient sans la moindre ingéniosité sur des faits que nous avions déjà découverts dans le très médiocre La Prima linea de Renato De Maria. En tout cas, c’est l’impression que cette saga fâcheusement décousue sur le trajet à peine perceptible d’un gangster légendaire nous a donné de prime abord. Finalement, il s’agit uniquement de la même époque dans l’Histoire italienne, où la pègre faisait la loi pendant un court instant, mais pas du même groupe de personnages. Ce n’est point la mise en scène clinquante, mais hautement inefficace, qui nous a permis de faire la distinction entre ces deux mouvements, mais le dossier de presse de L’Ange du mal, qui contient d’ailleurs une multitude de références sur le cadre historique de l’action. De cette richesse de l’arrière-plan social et politique, il ne transparaît par contre strictement rien dans le film, qui préfère se fourvoyer dans un enchaînement sans queue, ni tête, des différentes attaques de la bande de Vallanzasca et de ses séjours en prison.
Le tissu narratif du film est en effet si défaillant qu’on se demande comment Michele Placido fait pour réunir régulièrement les fonds nécessaires pour tourner, puisqu’il en est désormais à sa neuvième réalisation ! Nous avons même failli lui attribuer par erreur l’infect Arrivederci amore, ciao de Michele Soavi, alors qu’il ne fait que jouer dedans. Néanmoins, les deux films se distinguent en mal par leur détachement émotionnel et leur incapacité à rendre seulement compréhensible une intrigue ennuyeusement rebattue. On a ainsi beau suivre les frasques d’un criminel sans scrupules pendant près de deux heures, ce n’est qu’à la toute fin que le récit ralentit dans sa marche inutilement nerveuse et désagréablement superficielle pour dévoiler un tout petit peu de la personnalité assagie de ce protagoniste décrit comme un idole des foules, sans que cette légende urbaine ne soit étayée d’une façon crédible pendant le film. C’est trop peu, trop tard, dans le contexte d’un film qui s’agite beaucoup, mais qui n’accomplit rien, sauf gaspiller les talents de Moritz Bleibtreu et de Paz Vega dans des rôles secondaires anémiques.

Vu le 27 juillet 2011, à la Salle Pathé François 1er, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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