Prima linea (La)

Réalisé par Renato De Maria (2010)

Drame
Prima linea (La)
Durée 101 minutes
Sortie 14/04/2010
Note 5/10

Le 3 janvier 1982, l'ancien terroriste de la cellule d'extrême-gauche "Prima linea" Sergio Segio tente de faire évader sa compagne Susanna de la prison de Rovigo. Même s'il a rompu depuis plus d'un an avec le noyau dur de l'organisation terroriste, à cause de sa politique d'une violence gratuite qui ne mène à rien, Segio retrouve ses anciens frères d'armes, dans l'espoir de faire changer également Susanna d'avis et de vivre désormais avec elle la vie d'un couple ordinaire.

La critique

Par Tootpadu 26/03/2010

Ces temps-ci, le traitement filmique de l'Histoire récente et des frasques sanglantes des terroristes d'une autre époque est à l'ordre du jour un peu partout en Europe. Entre La Bande à Baader de Uli Edel en Allemagne et Buongiorno, notte de Marco Bellocchio en Italie, c'est curieusement la France qui fait figure d'exception dans cette vague mesurée de l'éveil cinématographique d'un souvenir national préférablement ignoré. En attendant sans doute en vain que la conscience collective des cinéastes français se ressaisisse, ne serait-ce que pour jeter un coup d'oeil moins complaisant sur la question corse que dans la farce L'Enquête corse d'Alain Berberian, voici un nouveau chapitre de la chronique des années de plomb italiennes.
On peut légitimement considérer la cinématographie italienne actuelle comme le reflet moribond de son âge d'or dans les années 1960 et '70. Toujours est-il que cette partie de l'expression artistique de l'autre côté des Alpes, relativement peu inquiétée par la muselière berlusconienne, s'applique avec un sérieux exemplaire à la relecture des pages sombres de son Histoire récente.
Dommage alors que le quatrième film du réalisateur Renato De Maria repose trop lourdement sur une structure narrative à trois niveaux distincts, qui atténue sensiblement l'impact potentiel de ce récit d'un assassin politique pas tout à fait repenti. Alors que la narration passe sans cesse du présent, au passé, et de là au passé antérieur, il ne devient jamais très clair quelle finalité dramatique le réalisateur poursuit avec une intrigue aussi morcelée. Tandis que l'action la plus haletante se déroule au moment de l'évasion minutieusement préparée de Susanna, les deux extrémités temporelles qui l'encadrent tant bien que mal, sont sans doute censées conférer un relief moral à cet acte du désespoir d'une organisation terroriste en pleine décomposition. Sauf que l'impassibilité du protagoniste, et dans l'exécution sans trop d'états d'âme des assassinats politiques du volet ancien, et dans son évocation de son passé tumultueux depuis sa cellule de prison dans le volet récent, à la fin des années 1980, ne rend La Prima linea guère excitant d'un point de vue formel ou moral.
En somme, ce film constitue donc une leçon instructive sur l'Histoire de nos voisins italiens, qui reste cependant bien trop opaque au niveau narratif pour nous enthousiasmer.

Vu le 18 mars 2010, à la Salle Pathé Lamennais, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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