R.I.F.
Réalisé par Franck Mancuso (2011)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 31/08/2011 |
| Note | 6/10 |
Sur la route des vacances, la voiture du capitaine de police Stéphane Monnereau tombe en panne en pleine Lozère. Le week-end de repos, qui était en même temps celui de la dernière chance pour sauver son couple, se transforme pour le policier surmené en cauchemar, quand il ne retrouve plus sa femme Valérie à la station-service, où il l’avait laissée avant de partir en compagnie de leur fils Théo avec la dépanneuse. Puisqu’il ne pense pas que sa femme ait disparu de son propre gré, Monnereau alerte les gendarmes. Ceux-ci ne trouvent d’abord rien de suspect à la disparition de Valérie et déclenchent une procédure de recherches dans l’intérêt des familles. Mais avec chaque heure qui passe sans que les gendarmes ne produisent de piste sérieuse, Monnereau doute de plus en plus de retrouver sa femme.
La critique
Par Tootpadu 21/07/2011
Ce n’est pas faute d’avoir essayé que le policier, que Yvan Attal campe avec une hargne crédible, risque d’échouer à plus d’une reprise. C’est un homme d’action, qui fonce la tête baissée parce qu’il sait que le temps joue contre lui, si tant est que sa femme ait réellement disparu d’une façon criminelle. Dans sa frénésie d’enquêter d’arrache-pied, il n’y a le temps pour se poser des questions ni sur sa responsabilité dans le délabrement de son couple, ni sur son nouveau rôle de parent seul, face à un fils trop jeune pour réellement comprendre le désastre potentiel que cache cette situation exceptionnelle. Le retournement tardif qui transforme le chasseur en chassé accélère même son empressement de retrouver la trace de sa femme, puisqu’il n’est désormais plus freiné, dans son mode opératoire musclé, par l’obligation presque ennuyeuse de respecter la loi.
En tant que garant imperturbable de cet aspect le moins palpitant de chaque enquête policière, Pascal Elbé se démarque une fois de plus par le genre de stoïcisme rassurant, qui n’a peut-être pas la cote auprès des éternels impatients qui veulent que ça cogne de partout et que le coupable soit traduit en justice le plus rapidement possible – peu importe les infractions au code d’honneur de la police qu’une telle procédure accélérée nécessiterait –, mais que nous apprécions particulièrement à cause de son détachement émotionnel. Son gendarme, par ailleurs nullement dupe du caractère archaïque de l’environnement rural qu’il doit surveiller, a beau être constamment à la traîne par rapport à son collègue de la capitale, ce déséquilibre des compétences et des capacités ne semble pas lui inspirer un complexe d’infériorité, comme cela a pu être le cas dans le classique Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison. C’est plutôt un pôle de calme et de réflexion, qui enracine le film encore un peu plus dans la sobriété d’un réalisme au plus près du quotidien sans éclat d’un gendarme dans le département le moins peuplé de France.
L’absence de pathos de la narration, en dehors des deux écarts cités plus haut, ne doit cependant pas occulter la construction minutieuse de l’intrigue. Chaque détail, aussi anodin que le nettoyage de toilettes publiques souillées, y compte dans l’élaboration d’un puzzle à l’effet final dégrisant. En cela, ce film, qui se veut tant un polar sans concessions sur l’acribie inutile du travail de la police, se rapproche en fin de compte d’un cinéma de qualité française, divertissant certes, mais pas toujours très mémorable.
Vu le 12 juillet 2011, à la Salle Pathé Lincoln