Détective Dee Le Mystère de la flamme fantôme

Réalisé par Tsui Hark (2011)

Action, Aventure
Détective Dee Le Mystère de la flamme fantôme
Durée 124 minutes
Sortie 20/04/2011
Note 5/10

Après avoir dirigé officieusement la Chine pendant sept ans, depuis le décès de son mari, l’empereur, dans des circonstances suspectes, Wu Ze Tian s’apprête à devenir la première impératrice en l’an 690. Pour célébrer l’événement, elle fait ériger une immense statue de bouddha juste en face du palais royal. Alors que les travaux de construction prennent du retard, le noble en charge du chantier est assassiné par le biais d’un empoisonnement mystérieux, qui le fait brûler vif de l’intérieur. Quand un autre aristocrate périt de la même façon cruelle, la future impératrice fait appel au détective Dee, un ancien fidèle de son mari, emprisonné depuis longtemps pour insubordination.

La critique

Par Tootpadu 04/05/2011

Des hommes qui volent, des fouets qui claquent, et des costumes somptueux qui battent au vent : le genre asiatique par excellence du wu xia pian, le parent oriental du film de cape et d’épée, repose depuis toujours sur un savant mélange entre des acrobaties aériennes et un cadre mi-historique, mi-légendaire qui lui confère une sorte de cachet mythologique. Sa réputation de film d’action prestigieux repose en grande partie sur sa capacité de faire semblant, ou plus précisément de créer l’illusion que les prouesses des chorégraphies de combat ne sortent pas exclusivement de l’imagination de leurs concepteurs, mais qu’elles pourraient réellement exister dans cet univers enchanteur parallèle qu’on appelle communément le cinéma. Le réalisateur Tsui Hark a déjà fait ses preuves dans le domaine de l’épopée historique enrichie de duels spectaculaires, pas plus tard que lors de son film précédent sorti en France il y a cinq ans, le magnifique Seven swords. D’où notre déception de le voir mettre en scène l’enquête du pendant chinois d’Arsène Lupin ou de Hercule Poirot d’une manière aussi bancale et peu séduisante.
Détective Dee Le Mystère de la flamme fantôme ressemble en fait à Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé. Dans l’un comme dans l’autre, une affaire aux multiples ramifications dépourvues d’un véritable effet de surprise est soumise à une surenchère d’effets spéciaux profondément laids, qui ancrent l’intrigue plus dans notre époque des errements du tout numérique qu’ils ne participent subtilement à l’immersion du spectateur dans un environnement architectural et social disparu depuis longtemps. Toute la cité impériale subit par conséquent le contrecoup d’une conception informatique, qui privilégie les couleurs froides et grisâtres, ainsi qu’une résolution qui fait presque apparaître les pixels, tellement elle se préoccupe peu de l’association organique entre les éléments en prise réelle et les innombrables décors virtuels. De même, les effets spéciaux à proprement parler, sur lesquels repose malgré tout une partie importante de l’intrigue à travers la combustion instantanée et la transfiguration, sont surtout là pour nous rappeler à quel point les capacités techniques ont prétendument progressé ces dernières années, tandis que la hardiesse visuelle et esthétique des metteurs en scène bât invariablement en retraite. Enfin, il nous paraît inutile de revenir sur l’attaque des cerfs, aussi risible que celle dans Le Cercle The Ring 2 de Hideo Nakata !
Notre constat serait sans doute encore plus sévère, s’il n’y avait pas au moins une longue séquence, qui relativise tant soit peu la débauche d’effets peu seyants qui l’entoure. L’incursion au Marché fantôme, une sorte de dédale de grottes et de canaux souterrains où sévit la pègre de la ville, permet d’espérer pour une dizaine de minutes seulement que le récit prendra enfin l’ampleur des aventures que Tsui Hark avait su nous concocter si brillamment dans le passé. Cette bonne voie est certes abandonnée trop précipitamment, mais puisque le détective légendaire y trouve refuge à la fin du film, supposons que si suite il y a, elle se déroulera dans ce décor moins tributaire des effets voyants.

Vu le 3 mai 2011, au Max Linder, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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