Couleurs de la montagne (Les)
Réalisé par Carlos César Arbelaez (2011)
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 27/04/2011 |
| Note | 6/10 |
Le jeune Manuel vit avec ses parents et son petit frère sur leur modeste ferme familiale dans les Andes en Colombie. Alors que son père Ernesto fuit comme la peste les réunions dominicales des combattants séparatistes, afin de ne pas prendre parti dans un conflit armé qui laisse le village exsangue, Manuel est plus préoccupé par sa nouvelle maîtresse d’école et par le foot. Pour son neuvième anniversaire, il reçoit un nouveau ballon que son ami Julian ne tarde pas à envoyer par inadvertance sur un champ de mines près de leur terrain de jeu.
La critique
Par Tootpadu 20/04/2011
Les répercussions du conflit armé à l’extérieur duquel ses parents cherchent à rester désespérément, le jeune protagoniste des Couleurs de la montagne peut se permettre de les ignorer pendant un certain temps. Il est préoccupé davantage par des centres d’intérêt aussi anodins – d’un point de vue adulte – que les matchs de foot, les dessins qu’il fait en classe, ou bien son attirance naissante pour les filles. La prise de conscience que son univers préservé est sur le point de disparaître se fait très progressivement, au fur et à mesure que l’étau se resserre autour de son père, pris entre les fronts, et que le semblant de civilisation symbolisé par l’école doit céder aux pressions brutales d’une machine de guerre aveugle.
Le réalisateur Carlos César Arbelaez conte cette histoire d’une enfance prédestinée à un désenchantement douloureux avec une sensibilité remarquable. Sa narration ne perd jamais de vue l’aspect aventureux qui est malgré tout inhérent à la récupération d’un ballon de foot égaré sur un champ de mines. Et même si Manuel ne comprend pas encore toutes les ramifications du recul de la société civile dont il est le témoin involontaire, l’impact psychologique de cet état d’esprit marqué par une appréhension permanente est impossible à ignorer. Dommage alors que la délicatesse du ton soit considérablement relativisée par un dispositif de découpage dans le temps aussi conventionnel que le fondu au noir, employé à outrance ici.
Vu le 13 avril 2011, au Club de l'Etoile, en VO