Médée miracle
Réalisé par Tonino De Bernardi (2011)
Drame
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 30/03/2011 |
| Note | 4/10 |
Irène est venue d’un pays lointain pour s’installer en France avec Jason, le père de ses deux enfants. Elle a ouvert un restaurant avec son mari, où elle chante tous les soirs. Lorsque Jason la quitte pour la fille d’un homme politique influent, Irène tente de se consoler en enchaînant les rencontres avec des inconnus qu’elle ramène chez elle le soir. Avec l’appui de son futur beau-père, Jason cherche à récupérer la garde des enfants, au grand dam d’Irène.
La critique
Par Tootpadu 29/03/2011
Isabelle Huppert, la marraine officieuse des premiers films inclassables et parfois dispensables, a encore frappé. Sauf que son nouveau film n’est point le premier jet d’un jeunot débutant, mais la première incursion sur les écrans français d’un réalisateur de l’avant-garde italienne, à l’œuvre depuis plus de quarante ans. Au bout d’une si longue carrière, on aurait pu supposer que Tonino De Bernardi serait au moins arrivé à une forme de l’expérimentation visuelle et narrative suffisamment épurée ou sophistiquée pour rendre son langage cinématographique attrayant d’une façon ou d’une autre. Hélas, il n’en est rien, puisque Médée miracle compte parmi ces films presque trop faciles à assassiner, tellement ils se fourvoient dans leur délire prétentieux.
Cette adaptation du mythe grec, transposé dans la France d’aujourd’hui, regorge ainsi de tics formels, qui peuvent encore faire sourire au début, mais qui finissent par nous agacer sérieusement. Le choix des symboles, de la viande de supermarché aux voitures incendiées en banlieue, y est aussi peu fin que le découpage du récit en une dizaine de chapitres, à l’action répétitive et peu claire. Chaque fois qu’Isabelle Huppert entonne la chanson « Crazy love » – jusqu’à oublier les paroles lors de l’ultime représentation –, nos attentes face à ce film alambiqué baissent d’un cran.
En effet, il serait difficile d’en tirer autre chose que la conviction que le cinéma selon Tonino De Bernardi se résume à des plans laids, maladroitement agencés, entrecoupés de textes faussement philosophiques, et une forme d’interprétation théâtrale trop artificielle. Cette dernière pourrait éventuellement être comprise comme un hommage aux origines de cette histoire tortueuse. Or, la pose que des comédiens aussi aguerris qu’Isabelle Huppert et Lou Castel prennent ici sur un air moribond ne produit point le même effet que l’absence de jeu chez Robert Bresson, par exemple.
Cette adaptation du mythe grec, transposé dans la France d’aujourd’hui, regorge ainsi de tics formels, qui peuvent encore faire sourire au début, mais qui finissent par nous agacer sérieusement. Le choix des symboles, de la viande de supermarché aux voitures incendiées en banlieue, y est aussi peu fin que le découpage du récit en une dizaine de chapitres, à l’action répétitive et peu claire. Chaque fois qu’Isabelle Huppert entonne la chanson « Crazy love » – jusqu’à oublier les paroles lors de l’ultime représentation –, nos attentes face à ce film alambiqué baissent d’un cran.
En effet, il serait difficile d’en tirer autre chose que la conviction que le cinéma selon Tonino De Bernardi se résume à des plans laids, maladroitement agencés, entrecoupés de textes faussement philosophiques, et une forme d’interprétation théâtrale trop artificielle. Cette dernière pourrait éventuellement être comprise comme un hommage aux origines de cette histoire tortueuse. Or, la pose que des comédiens aussi aguerris qu’Isabelle Huppert et Lou Castel prennent ici sur un air moribond ne produit point le même effet que l’absence de jeu chez Robert Bresson, par exemple.
Vu le 24 mars 2011, au Reflet Médicis, Salle 1
★★★★☆☆☆☆☆☆
4/10