Jewish connection
Réalisé par Kevin Asch (2011)
| Durée | 89 minutes |
| Sortie | 16/02/2011 |
| Note | 6/10 |
En 1998 à Brooklyn, le jeune Sam Gold voit son avenir tout tracé au sein de la communauté juive. Il suit des études pour devenir rabbin et il espère fonder rapidement une famille avec une jeune femme que ses parents ont choisi pour lui. Mais le mariage ne se fait pas, en raison du niveau social modeste de la famille de Sam. Ce dernier se laisse séduire alors par la proposition de son voisin Yosef Zimmerman, qui fait une fortune en important clandestinement des médicaments aux Etats-Unis. Sam fait un premier voyage à Amsterdam, en compagnie de son meilleur ami et frère de Yosef, Leon. A son retour, il apprend qu’il a transporté de la drogue. Alors que Leon bat immédiatement en retraite, Sam cède à l’appel de l’argent facile.
Les critiques
Par Mulder 14/09/2010
Jewish connection procède de la même manière que Witness pour décrire les rituels de cette minorité, mais cette fois-ci, le personnage principal souhaite changer de mode de vie pour lutter contre la condition sociale de sa famille. S'il décide d'adhérer au transport de substances illégales, ce n'est que pour avoir un meilleur niveau de vie et surtout pour pouvoir se trouver une épouse, vu que la famille de celle à qui il était destiné a décidé de choisir un autre époux pour leur fille, à cause du statut précaire de ses parents. Interprété avec brio par le jeune comédien Jesse Eisenberg (Bienvenue à Zombieland), le personnage principal est un indécis, qui lutte continuellement entre le bien et le mal.
Le cinéma américain indépendant, dont ce film est un exemple de plus, est un cinéma cru, sans aucune censure. Nous avons à faire ici à un film noble et sérieux, et non pas à un produit marketing. Le budget minime de ce film se ressent certes par moments, mais il permet une réalisation sans fioritures, ni effet de style cachant la pauvreté scénaristique d'autres films.
Un film de cinéma se veut être un vecteur pour raconter une histoire, sans oublier d'être une source d'enrichissement ou d'évasion, voire de plaisir coupable ou de defouloir. Lorsqu'un film réussit à retenir l'attention de son public sur un sujet guère facile d'accès (les mœurs des rabbins), l'effort doit être salué.
Vu le 12 septembre 2010, au Casino, Deauville, en VO
Par Tootpadu 09/09/2010
En dépit de tous les clichés sur la communauté juive de New York et les clubs miteux du crime organisé qu’il nous balance, Jewish connection est un film qui se permet étonnamment peu de juger ses personnages. Au fond, nous savons d’emblée que Sam fait une énorme bêtise en acceptant de devenir l’associé de Yosef et le doute ne persiste guère que l’intéressé en est également conscient. L’enjeu principal du film est du coup l’observation des étapes progressives de la perversion du jeune homme, qui dégringole du rôle du fils modèle à celui de la honte innommable pour toute la communauté. Sam ne poursuit point une éventuelle rédemption, mais l’illusion de pouvoir se sortir moralement indemne de son engagement purement commercial dans une affaire très louche. Son rêve s’arrête brusquement, non pas parce qu’il aurait compris les conséquences de ses erreurs, mais parce que la mécanique s’enraye à cause d’un petit jeune qui n’est pas aussi téméraire que Sam.
La mise en scène de Kevin Asch fait suffisamment confiance aux implications morales de son histoire, pour ne pas l’encombrer avec une narration inutilement imbriquée. Elle sait préserver une notion de doute très forte, peu importe les situations de plus en plus dangereuses dans lesquelles Sam se trouve. La retenue avec laquelle le personnage principal tente son grand écart, condamné d’avance puisque l’on ne peut pas être simultanément un saint et un gangster, y est sous-jacente à chaque moment. Enfin, l’interprétation de deux jeunes comédiens normalement abonnés aux productions des studios, Jesse Eisenberg et Justin Bartha, apporte un cachet indéniable à ce film très solide.
Vu le 8 septembre 2010, au C.I.D., Deauville, en VO