Empreinte de l'ange (L')
Réalisé par Safy Nebbou (2008)
Drame
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 13/08/2008 |
| Note | 6/10 |
Elsa Valentin est en instance de divorce de son mari. Alors qu'elle se dispute la garde de son fils Thomas, elle a l'étrange sensation de reconnaître sa fille Lucie en Lola, la petite soeur d'un ami à Thomas, lors d'une fête d'anniversaire. Lucie était morte dans un sinistre peu de temps après sa naissance, et Elsa n'a jamais pu se remettre de cette perte. Elle cherche alors à en savoir plus sur Lola. Pour être près de cette fille, qui devient une véritable obsession, elle va jusqu'à fréquenter sa famille sous de faux prétextes.
La critique
Par Tootpadu 03/06/2008
Aucune actrice française ne joue actuellement des personnages perturbés et décalés avec le même pouvoir de fascination déroutante que Catherine Frot. Depuis qu'elle est entré dans le camp des rôles principaux avec La Dilettante il y a neuf ans, cette comédienne enchaîne les rôles mémorables, dans des films qui ne le sont pas toujours. Ici, dans le deuxième long-métrage de Safy Nebbou, elle porte toutes les incertitudes de l'intrigue à travers une obsession maladive impressionnante.
Pendant très longtemps, le film explore les voies sinueuses du drame psychologique avec une subtilité, qui n'enlève rien à la force inquiétante du scénario. La fixation d'Elsa sur la fillette prend progressivement la forme d'un harcèlement digne d'une psychopathe. Le cheminement pathologique est d'autant plus perturbant que la mère, meurtrie par la disparition de sa fille, ne garde pas ses suspicions pour elle. En s'ouvrant à son entourage, ses parents, sa collègue et son ex-mari, elle donne corps à une chimère émotionnelle, au risque de perdre le peu de légitimité sociale qu'elle s'était réappropriée depuis la séparation.
Que les troubles d'Elsa s'emparent à partir d'un certain moment de Claire, la mère de Lola, pousse le film brusquement vers le concret. Alors que Sandrine Bonnaire excelle, elle aussi, dans un rôle qui fonctionne essentiellement en trois temps - l'insouciance souriante, la méfiance défensive et le désarroi face à une vérité trop longtemps cachée -, son personnage prend peut-être un peu trop aisément la place du reflet inversé de celui d'Elsa. Ce transfert de culpabilité lui donne même une allure de meurtrière, le temps d'une ellipse assez tordue. Il permet surtout une conclusion, certes aussi vague et incertaine que le ton tout au long du film, qui installe par contre subitement la femme fragile dans une position de force, trop facilement rassurante pour ne pas affaiblir l'impact psychologique construit si adroitement auparavant.
Pendant très longtemps, le film explore les voies sinueuses du drame psychologique avec une subtilité, qui n'enlève rien à la force inquiétante du scénario. La fixation d'Elsa sur la fillette prend progressivement la forme d'un harcèlement digne d'une psychopathe. Le cheminement pathologique est d'autant plus perturbant que la mère, meurtrie par la disparition de sa fille, ne garde pas ses suspicions pour elle. En s'ouvrant à son entourage, ses parents, sa collègue et son ex-mari, elle donne corps à une chimère émotionnelle, au risque de perdre le peu de légitimité sociale qu'elle s'était réappropriée depuis la séparation.
Que les troubles d'Elsa s'emparent à partir d'un certain moment de Claire, la mère de Lola, pousse le film brusquement vers le concret. Alors que Sandrine Bonnaire excelle, elle aussi, dans un rôle qui fonctionne essentiellement en trois temps - l'insouciance souriante, la méfiance défensive et le désarroi face à une vérité trop longtemps cachée -, son personnage prend peut-être un peu trop aisément la place du reflet inversé de celui d'Elsa. Ce transfert de culpabilité lui donne même une allure de meurtrière, le temps d'une ellipse assez tordue. Il permet surtout une conclusion, certes aussi vague et incertaine que le ton tout au long du film, qui installe par contre subitement la femme fragile dans une position de force, trop facilement rassurante pour ne pas affaiblir l'impact psychologique construit si adroitement auparavant.
Vu le 2 juin 2008, au Club 13
★★★★★★☆☆☆☆
6/10