Abel
Réalisé par Diego Luna (2011)
| Durée | 83 minutes |
| Sortie | 12/01/2011 |
| Note | 6/10 |
Hospitalisé depuis deux ans pour des problèmes psychologiques, le jeune Abel, neuf ans, rentre enfin à la maison. Sa mère Cecilia préfère le garder près d’elle, plutôt que de l’envoyer à la capitale, où il pourrait être soigné dans une unité spécialisée. Abel persévère d’abord dans son mutisme et son comportement autodestructeur. Mais un beau jour, il n’arrête plus de parler, comme s’il était le chef de famille, qui doit veiller sur son épouse Cecilia, sa fille aînée Selena, et son fils cadet Paul. Toute la famille accepte de jouer le jeu, ne serait-ce que pour ne pas contrarier Abel.
Les critiques
Par Mulder 20/09/2010
Abel est un enfant particulier qui, après avoir été interné dans un hôpital psychiatrique, réintègre sa famille monoparentale (absence du père) avec son petit frère et sa grande sœur. Ses troubles psychologiques vont faire qu'il va prendre le comportement de son père d'où des moments surréalistes et très conviviaux.
En dépit de ses personnages très attachants, ce premier film, produit notamment par deux autres comédiens, John Malkovich et Gael Garcia Bernal, manque par moments de rythme. Grâce à son interprète principal, Christopher Ruiz-Esperanza, il mérite d'être découvert. Nous sentons bien que Diego Luna y a place toute sa sensibilité de jeune père et d'acteur. Loin des sirènes hollywoodiennes, il a pu réaliser son premier petit film librement.
Un film et un jeune réalisateur à découvrir.
Vu le 6 septembre 2010, au C.I.D., Deauville, en VO
Par Tootpadu 09/09/2010
Les prouesses de la narration délicate ne s’arrêtent cependant pas là, car Diego Luna ne perd jamais de vue le cœur d’enfant de son protagoniste. L’adoption du rôle du père absent paraît comme la seule issue à l’âme tourmentée du garçon, avec tout ce que cela implique de situations incongrues et improbables. Celles-ci nous renvoient néanmoins à une conception touchante de l’innocence enfantine, qui croit encore qu’il suffit d’un baiser pour convoquer la cigogne. Les rapports jamais aisés entre ce monde imaginaire et une réalité impitoyable font indéniablement la force d’Abel.
Un homme charmant, un acteur au parcours en dents de scie, et maintenant un jeune réalisateur prometteur : Diego Luna a décidément toutes les cartes en main pour réussir. Grâce à l’interprétation très convaincante de ses jeunes comédiens – Christopher Ruiz-Esparza dans le rôle-titre en tête –, son premier film est la manifestation séduisante d’une sensibilité, qui tient plus au naturel de ses personnages dépassés par la situation, qu’au respect d’une logique dramatique, qui voudrait que tout soit bien qui finit bien.
Vu le 6 septembre 2010, au C.I.D., Deauville, en VO