Smash his camera
Réalisé par Leon Gast (2011)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 06/12/2011 |
| Note | 4/10 |
En 1967, l’objectif du photographe Ron Galella avait capturé pour la première fois un cliché de Jackie Kennedy Onassis, la veuve du président et l’épouse de l’armateur grec. Dès lors, ce précurseur des paparazzi a développé une obsession pour cette célébrité, qui s’était défendu de son harcèlement à travers plusieurs procès, allant jusqu’à ordonner à ses gardes du corps de fracasser sa caméra. A désormais près de 80 ans, Ron Galella court toujours après les peoples, même s’il tire toute sa fierté de son immense archive de plusieurs millions de photographies, figeant des moments cocasses dans la vie des vedettes d’antan et de celles qui font exploser les tirages de la presse people de nos jours.
Les critiques
Par Mulder 16/09/2010
Un documentaire est un documentaire et un film, un film. Dans le premier, on constate et témoigne de faits passés ou présents, dans le second, on narre une histoire sur des faits fictifs ou non. L'incorporation de documentaires au festival de Deauville est un bon concept dans le sens qu'il témoigne de l'état d'esprit américain actuel. Ce documentaire-ci n'est cependant guère innovant et n'apporte aucune connaissance mémorable.
Vu le 5 septembre 2010, au Casino, Deauville, en VO
Par Tootpadu 04/09/2010
La mise en scène de Leon Gast est heureusement assez intelligente pour ne pas faire de son sujet un héros incompris. La contribution de Ron Galella au culte démesuré de la célébrité n’est jamais embellie, surtout pas à travers les interventions de ses collègues, ses employeurs et ses avocats. D’un point de vue humain, l’image que Smash his camera donne de Galella est davantage celle d’un gamin désormais un peu gâteux, auquel il est facile de pardonner ses faux pas. Son narcissisme inhérent, reflété dans les nombreuses photos qui le montrent en l’exercice de son métier - comme si au fond c’était lui la vedette et pas le pauvre acteur, chanteur ou artiste qui cherchait à s’extraire farouchement du champ de vision de son objectif -, son amour pour les lapins et les plantes du jardin artificiels, et sa ténacité digne d’un bulldog ne le rendent certainement pas sympathique. Mais ce vieux pépé qui fait encore la ronde des tournages, des premières et des réceptions officielles, dans l’espoir d’immortaliser un moment marquant de plus dans la mémoire collective, ou tout au moins de se mettre lui-même en scène par le biais de son propre livre, il a aussi quelque chose de profondément attachant, comme la relique d’une époque dont les idoles sont pour la plupart déjà trois pieds sous terre et, hélas, majoritairement oubliés.
Sur les notes de la chanson mélancolique « I’ll be seing you », interprétée ici par Iggy Pop et Françoise Hardy, mais employée dans un contexte tout aussi nostalgique récemment lors de la nécrologie d’une des dernières cérémonies des Oscars, ce documentaire conventionnel, mais assemblé avec un savoir-faire indéniable – à l’exception du retour un peu tardif sur le procès initial de Jackie Onassis – entonne donc le chant de cygne touchant d’une époque, dont la jeune génération américaine est largement ignorante, mais dont les photos de l’incorrigible Ron Galella nous laissent au moins quelques empreintes précieuses.
Vu le 4 septembre 2010, au Casino, Deauville, en VO