Killer inside me (The)
Réalisé par Michael Winterbottom (2010)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 11/08/2010 |
| Note | 5/10 |
Lou Ford est le shérif adjoint d’une petite ville du Texas. Lorsque son supérieur lui demande de se renseigner sur Joyce Lakeland, une jeune femme à la réputation douteuse qui s’est installée depuis peu à la périphérie de la ville, Ford exécute l’ordre sans état d’âme. Mais au lieu de chasser la prostitué présumée hors de la ville, il engage une relation passionnelle avec elle. Seul l’argent fait défaut aux amoureux clandestins, avant qu'ils ne puissent recommencer une nouvelle vie ailleurs. Le chantage d’Elmer Conway, le fils du riche promoteur Chester Conway et lui aussi amoureux de Joyce, est censé le leur procurer. C’est pourtant pas l’argent qui intéresse Ford, mais la possibilité d’assouvir ses pulsions meurtrières sans se faire prendre.
La critique
Par Tootpadu 04/08/2010
Cette adaptation du roman de Jim Thompson se traîne ainsi mollement en longueur, avant de culminer d’une manière plutôt grotesque. Le ton poisseux et le rythme flegmatique de The Killer inside me ne réussissent à aucun moment à rendre la décadence morale du personnage principale fascinante. Lou Ford est un tueur sans scrupules, qui perpétue en quelque sorte le mythe de l’homme du sud des Etats-Unis, poussé au crime autant par ses démons intérieurs que par la certitude d’une impunité, garantie par les méthodes approximatives de l’application de la loi dans ces régions reculées. Si l’assassin sans remords obéit avec autant de nonchalance à son penchant pour la violence gratuite, c’est aussi parce que la pesanteur édentée de l’appareil répressif, représenté ici par le procureur impuissant, lui laisse largement le champ libre. La mécanique du réseau social de la petite ville texane, à peine choquée par la série de meurtres atroces, est bien plus subtile qu’une simple opposition manichéenne entre le bien et le mal. Sauf que cette justice parallèle, basée sur l’extorsion du pouvoir de la part des syndicats et des médecins, ne trouve jamais une expression filmique satisfaisante dans le cadre du récit pondérant, concocté par Michael Winterbottom.
La distribution assez prestigieuse ne laisse guère une impression impérissable, et cela d’autant moins que les brunettes interchangeables Jessica Alba et Kate Hudson, et les interprétations caricaturales d’Elias Koteas, Bill Pullman, et Ned Beatty, ne font rien pour contrecarrer le jeu monotone de Casey Affleck, un forcené pas vraiment inquiétant. La déchéance morale impénétrable qui animait sans doute le roman original transpire ici au mieux à travers un abattement esthétique, incapable de susciter notre intérêt autrement qu’à travers une réplique extra-diégétique des plus bizarres, qui interdit lors de la séquence finale au nouveau adjoint de s’exprimer parce qu’aucune réplique n’aurait été prévue pour lui.
Vu le 27 juillet 2010, au Club de l'Etoile, en VO