Dernier exorcisme (Le)

Réalisé par Daniel Stamm (2010)

Horreur
Dernier exorcisme (Le)
Durée 87 minutes
Sortie 15/09/2010
Note 5/10

Depuis la naissance prématurée de son fils, le révérend Cotton Marcus, autrefois un prédicateur zélé, traverse une profonde crise de foi. Afin de démontrer à quel point la religion relève de la superstition, il accepte d'accomplir un dernier exorcisme, en compagnie de la réalisatrice Iris et du cameraman Daniel qui sont censés filmer la supercherie. Parmi les requêtes qu'il reçoit régulièrement, grâce à ses exploits passés dans le domaine, le pasteur choisit au hasard celle du fermier Sweetzer, qui se plaint d'une possession préjudiciable pour son bétail. Une fois sur place, au fin fond de la Louisiane, Marcus et l'équipe de tournage font la connaissance de Nell, la fille du fermier, une adolescente adorable en apparence, qui passerait pourtant ses nuits à trucider les bêtes de la ferme.

La critique

Par Tootpadu 02/08/2010

A force de vouloir incorporer toutes les recettes à succès de ces dernières années, ce film d'horreur ne ressemble plus à grand-chose en fin de compte. Le dispositif du faux documentaire, usé jusqu'à la corde par toutes les productions à budget modeste depuis le phénomène Le Projet Blair Witch il y a plus de dix ans, et conjugué récemment avec plus ou moins d'ingéniosité dans REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza ou bien Paranormal activity de Oren Peli, est ainsi associé ici à un autre cas de figure récurrent du genre : l'exorcisme. Longtemps avant que le scénario ne tente un ultime sursaut, en allant emprunter un dénouement plutôt mal ficelé du côté de Rosemary's baby de Roman Polanski, l'intrigue a malheureusement tendance à s'essouffler, en raison d'une réponse trop docile à nos attentes.
L'attitude arrogante du personnage principal, tellement convaincu de la légitimité de sa croisade contre les valeurs et les croyances qu'il prêchait autrefois, porte déjà en elle le germe de sa propre destruction. Si le but du Dernier exorcisme n'était que de prouver que les phénomènes paranormaux n'existent pas, le récit ne se serait jamais défait du ton moqueur avec lequel il tourne en dérision les commentaires de la population autochtone croisée sur le chemin jusqu'à la ferme possédée. L'enjeu scénaristique du film est davantage l'instauration d'un équilibre délicat entre la démarche incrédule des intrus citadins et les manifestations d'hostilité de la part de la famille Sweetzer, d'ordre surnaturel ou social. Ce projet narratif n'aboutit par contre que partiellement, surtout à cause de l'obligation de montrer la gamine, auparavant d'une innocence angélique, aux prises avec un démon maléfique.
Les séquences qui auraient dû produire des frissons ne fonctionnent finalement qu'en tant que confirmation assez prévisible de nos attentes. Au lieu de nous plonger toujours plus profondément dans l'horreur, ce film opère donc un agencement convenable d'éléments qui ont déjà fait leurs preuves, dans ce genre souvent sollicité à la fois par de jeunes réalisateurs comme Daniel Stamm, et par un public probablement pas trop regardant sur l'originalité des ressorts à l'oeuvre pour créer toujours la même sensation d'une peur passagère.

Vu le 26 juillet 2010, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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