Dents de la mer, Deuxième partie (Les)

Réalisé par Jeannot Szwarc (1978)

Horreur
Dents de la mer, Deuxième partie (Les)
Durée 112 minutes
Sortie 06/12/1978
Note 6/10

Quatre ans après l'hécatombe du premier requin, le calme est revenu à Amityville. Un nouvel hôtel vient d'ouvrir, et la femme du chef de la police locale Brody, Ellen, participe activement à sa promotion. Mais la disparition de plongeurs et des événement suspects réveillent la crainte de Brody qu'un nouveau requin blanc sévit le long de la côte.

La critique

Par Tootpadu 30/06/2004

C'est un drôle de cas de figure qui se présente pour nous avec cette suite au film mythique de Spielberg. Après l'avoir vue il y a très longtemps à la télé, doublée et probablement recadrée, nous l'avions rejetée sans scrupules, la jugeant mal faite, une pâle copie d'une oeuvre bien plus réussie. A la voir maintenant dans des conditions plus confortables et, on l'espère, avec une plus grande connaissance du cinéma, cette sévérité nous surprend énormément, puisque ce film sait très bien se défendre lui-même et constitue une contre-partie viscérale à l'aspect lisse de l'original. En effet, c'est la première fois depuis la deuxième vision des Missouri Breaks d'Arthur Penn, il y a plus de dix ans, que nous nous voyons obligés de complètement reviser notre avis sur un film.
On n'a jamais été de grands fans de l'original de Steven Spielberg, qui nous a toujours semblé trop sage, trop froid, pour nous passionner. Avec un artisan au talent bien plus modeste sur la chaise du réalisateur de cette suite, le film perd évidemment en inventivité, mais gagne indubitablement en valeurs plus populaires d'horreur immédiat et d'un plus grand nombre d'attaques. Là où l'exclamation d'effroi était presque scientifiquement calculée dans le premier, en tant qu'explosion d'une tension savamment préparée, dans le deuxième, les personnages qui se trouvent constamment en péril, ne cessent de crier, de plus en plus fort. Ce côté d'une abondance de l'horreur est cependant très efficacement bridé par l'emploi de l'ironie et du déplacement du groupe central de personnages vers la jeunesse. Tandis que le premier fonctionnait plutôt comme un film d'aventure et de chasse dans lequel un groupe d'hommes plus ou moins aguerris se mettait à la poursuite de la bête, le deuxième se concentre davantage sur le groupe de jeunes, avec tout ce que cela implique de clichés en provenance du genre des films d'ados.
Mais ce déclin apparent vers la banalité de l'immaturité, le film le revendique entièrement, laissant la porte volontairement grande ouverte à cette jouissance presque prépubère de voir, l'un après l'autre, les jeunes se faire dévorer par le requin. Simultanément, le personnage de Brody accomplit un acte d'équilibre précaire entre la prémonition et la paranoïa. Ce cheminement tortueux d'un personnage qui représentait déjà le centre d'intérêt dans le premier, donne un fond sérieux nécessaire à un ensemble trop superficiellement destructeur autrement.
Enfin, la bande originale ou enjoué, ou majestueuse, le montage rapide et sans relâche, ainsi que les cadrages d'une beauté plastique inhabituelle pour ce genre de production à but commercial, finissent par nous enthousiasmer presque plus pour cette suite très honnête et jouissive que pour l'original !

Revu le 29 juin 2004, en DVD, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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