Independencia
Réalisé par Raya Martin (2010)
Aventure
| Durée | 77 minutes |
| Sortie | 21/04/2010 |
| Note | 5/10 |
A l'approche des troupes de l'occupant américain au début du 20ème siècle, une femme et son fils se réfugient dans la forêt. Ils s'y installent dans une cabane abandonnée. Des années plus tard, alors que l'existence loin de toute civilisation est devenue la norme pour lui et sa mère, le fils trouve une jeune femme, abusée par des soldats américains de passage dans la forêt. Il la recueille chez lui.
La critique
Par Tootpadu 14/04/2010
Pendant que le cinéma commercial américain recycle ces derniers temps l'esthétique et les thèmes des années 1980, le réalisateur philippin Raya Martin poursuit sa série de films sur la lutte anti-coloniale de son pays avec une oeuvre profondément marquée par les années 1930. Toujours aussi réfractaire au respect docile des conventions narratives, Martin élabore néanmoins une intrigue bien plus classique et accessible ici que dans A Short Film about the Indio Nacional. Le fait de tourner le dos au cadre préservé de la civilisation débouche dans le cas présent sur une idylle dans la forêt sauvage, formellement pas si éloignée des premiers films de Tarzan avec Johnny Weissmuller. A bien y regarder, ce n'est même que le rapport avec l'Histoire tourmentée des Philippines qui requiert un certain effort d'abstraction de la part du spectateur.
Car l'essentiel de l'intrigue de ce film plutôt plaisant à regarder est conjugué à travers une série de références plus ou moins astucieuses au successeur immédiat du cinéma muet. Le côté désuet du film lui confère un charme indéniable, avec ses décors visiblement peints à la main, son dispositif visuel qui consiste à représenter les rêves des personnages à travers des petites bulles qui leur sortent de la tête à la manière d'une bande dessinée, et l'interruption du récit en plein milieu par un film d'actualités au fond de propagande aucunement camouflé. En même temps, la banalité de l'histoire n'est rattrapée que par une sensualité diffuse, aussi fugace et douteuse que la masturbation discrète du fils derrière un rocher.
Toutefois, le projet artistique à grande échelle de Raya Martin ne nous subjugue pas davantage au bout de son deuxième film à sortir en France. Le lien que ses films entretiennent avec les chapitres majeurs de l'Histoire philippine nous paraît si menu et arbitraire, que ce jeune cinéaste, malgré tout prometteur, ferait peut-être mieux de s'affranchir complètement de son postulat artificiel, afin d'exprimer librement ses aspirations formelles, pas sans intérêt.
Car l'essentiel de l'intrigue de ce film plutôt plaisant à regarder est conjugué à travers une série de références plus ou moins astucieuses au successeur immédiat du cinéma muet. Le côté désuet du film lui confère un charme indéniable, avec ses décors visiblement peints à la main, son dispositif visuel qui consiste à représenter les rêves des personnages à travers des petites bulles qui leur sortent de la tête à la manière d'une bande dessinée, et l'interruption du récit en plein milieu par un film d'actualités au fond de propagande aucunement camouflé. En même temps, la banalité de l'histoire n'est rattrapée que par une sensualité diffuse, aussi fugace et douteuse que la masturbation discrète du fils derrière un rocher.
Toutefois, le projet artistique à grande échelle de Raya Martin ne nous subjugue pas davantage au bout de son deuxième film à sortir en France. Le lien que ses films entretiennent avec les chapitres majeurs de l'Histoire philippine nous paraît si menu et arbitraire, que ce jeune cinéaste, malgré tout prometteur, ferait peut-être mieux de s'affranchir complètement de son postulat artificiel, afin d'exprimer librement ses aspirations formelles, pas sans intérêt.
Vu le 8 avril 2010, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10