Vikings (Les)

Réalisé par Richard Fleischer (1958)

Aventure
Vikings (Les)
Durée 116 minutes
Sortie 17/12/1958
Note 6/10

Le roi anglais meurt suite à une attaque des Vikings, commandés par leur chef redouté Ragnar. Alors que son cousin Aella monte sur le trône, sa femme Enid accouche d’un fils, le résultat des libertés que Ragnar avait prises avec elle pendant la nuit de pillage. Enid envoie le nourrisson loin d’Angleterre, pour le préserver de la colère d’Aella, empressé de pérenniser son pouvoir. Vingt ans plus tard, les Vikings n’ont pas fini de terroriser les côtes anglaises. Le noble Egbert se réfugie auprès d’eux, après que sa traîtrise a été démasquée par le roi. Chez le peuple barbare, il fait la connaissance de Einar, le fils rebelle de Ragnar. C’est par contre le jeune esclave Eric qui attire plus son attention, à cause d’une pierre précieuse qu’il porte autour du cou, autrefois léguée par Enid à son fils illégitime.

La critique

Par Tootpadu 30/10/2010

La voix solennelle d’Orson Welles s’efforce d’apporter un cachet historique à cette épopée hollywoodienne, à travers un prologue censé fournir les grandes lignes de la civilisation des vikings, disparue depuis longtemps. L’ambition d’enraciner le récit héroïque dans une forme de réalisme pas tout à fait embelli par les dispositifs habituels de la fiction est évidente tout au long de ce film spectaculaire. Les mœurs du peuple viking, guère moins exotique que les tribus des mers du sud à l’honneur dans un certain cinéma d’exploitation à l’époque des Vikings, sont ainsi décrites en long et en large, avec notamment leurs plaisirs et leur humour assez particuliers. Mais ce n’est pas parce que les hommes courageux s’écrient « Odin » avant d’expirer, de préférence avec une épée à la main, que ce film peut automatiquement rivaliser avec une expression filmique plus moderne et – aussi discutable cette notion soit-elle – réaliste des exploits de nos ancêtres lointains et indirects.
Le scénario de Calder Willingham emploie en effet un grand détour avant d’arriver au cœur de l’intrigue, qui consiste essentiellement en la rivalité entre les deux frères qui ignorent quasiment jusqu’à la fin leur lien du sang. Pas assez de l’introduction alambiquée, il faudra attendre longtemps avant de faire la connaissance d’abord de Einar, caché dans son premier plan sous la chevelure d’une femme qu’il a incitée à l’adultère, et puis d’Eric. De ce démarrage plutôt laborieux résulte un rythme narratif, qui ne prend jamais une vitesse de croisière convaincante. Le récit est certes ponctué par la suite de quelques séquences relativement spectaculaires, mais les bases de l’histoire, présentées d’une façon inutilement complexe, empêchent un agencement organique des ces petits morceaux de bravoure disparates.
Les autres aspects du film, comme le montage, la photographie et la mise en scène, ne sont pas non plus en mesure d’assurer le film d’un souffle épique suffisamment puissant pour balayer ces difficultés de démarrage. Alors que le travail du chef opérateur légendaire Jack Cardiff s’avère particulièrement inégal ici, par exemple dans l’alternance de plans à l’image adoucie et d’autres assez quelconques, la réalisation de Richard Fleischer ne réussit à aucun moment d’amoindrir le grand écart entre la nature foncièrement hollywoodienne de son film et ses propensions à une description historiquement exacte de la vie des vikings.
Il ne nous reste alors plus qu’à nous délecter du côté aventurier du film. Sa renommé durable, en tout cas en France, provient sans doute de sa capacité d’enchaîner avec une certaine aisance les séquences de bataille ou de combat rapproché, qui feront frémir de joie le cœur de chaque homme, resté un peu gamin à l’intérieur. La premier rencontre entre Kirk Douglas et Tony Curtis, deux ans avant le mythique Spartacus mais dans une configuration partiellement différente, ne produit donc pas forcément des étincelles. Mais elle provoque en nous un joli accès de nostalgie, par rapport aux heures de notre enfance, passées à jouer aux vaillants guerriers des temps anciens.

Revu le 29 octobre 2010, au Grand Action, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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