Premier jour du reste de ta vie (Le)

Réalisé par Rémi Bezançon (2008)

Drame
Premier jour du reste de ta vie (Le)
Durée 113 minutes
Sortie 23/07/2008
Note 5/10

Cinq jours décisifs dans la vie de la famille Duval, de 1983 à 2000. Avec le père Robert, un chauffeur de taxi et fumeur invétéré, la mère Marie-Jeanne, qui reprend ses études pour chasser la peur de vieillir, l'aîné Albert, qui part le premier de la maison pour réaliser ses ambitions de médecin, le cadet Raphaël, qui n'aime que la musique et le vin, et la jeune Fleur, qui devient une femme en dépit de ses parents étouffants.

La critique

Par Tootpadu 25/09/2008

Une vie de famille ne peut pas se résumer à quelques moments clefs. C'est une relation complexe, et le plus souvent conflictuelle, qui évolue avec le temps, qui a besoin de s'inscrire dans la durée, pour mieux confronter les différents membres de la famille à un degré d'intimité et de dépendance émotionnelle et matérielle, qui volera en éclats, si tout va bien, à l'âge adulte des enfants. Rien que pour cela, le projet scénaristique que Rémi Bezançon applique dans son deuxième film, après le sympathique Ma vie en l'air, est voué à l'échec.
La condensation d'événements tragiques ou révélateurs dans les cinq jours contés dans le film va en effet à l'encontre de la révendication affirmée d'observer une famille tout à fait ordinaire, ou comme l'indique l'affiche du film si platement, une famille qui pourrait être la nôtre. Deux enterrements, un mariage, un accident, une maladie, un chien écrasé, quelques parties de jambes en l'air et surtout des engueulades à ne plus en finir, évidemment que la somme de ces événements joue sur la dynamique au sein du groupe familial. Sauf que la liberté dramatique de les compresser contre toute plausibilité en l'espace temporel de même pas une semaine rapproche ce film, au titre à dormir debout, du mélodrame artificel et boursouflé. Les Duval ne sont alors plus une famille modèle, dans le sens où leurs problèmes relèvent de l'ordinaire, mais dans celui d'une accumulation des malheurs, digne de la tragédie d'un roman photo.
Seuls les derniers épisodes autour du père apportent un peu de simplicité et de calme. Jusque là, le moindre revirement et la moindre émotion nous étaient dictés par une bande son saturée de chansons emblématiques. Quelques références au style filmique des périodes qu'il traverse mises à part, le réalisateur ne s'appuie que sur un choix musical, certes éclectique, mais finalement trop envahissant, pour rythmer son récit, qui s'écroule déjà sous les coups d'un destin malveillant.
Alors qu'il disposait encore de notre capital de sympathie pour son film précédent, Rémi Bezançon commence à le dilapider dangereusement. Ce qui ne devrait guère l'inquiéter, en vue du plébiscite du public, grâce auquel ce film est désormais millionnaire, en termes d'entrées en salle.

Vu le 24 septembre 2008, au MK2 Bibliothèque, Salle 1

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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