Gardiens de l'ordre
Réalisé par Nicolas Boukhrief (2010)
| Durée | 105 minutes |
| Sortie | 07/04/2010 |
| Note | 6/10 |
La première ronde de nuit de Simon, un policier affecté à Paris par mesure disciplinaire, tourne au drame. Son co-équipier se fait abattre par un fils de député drogué, avant que Simon et sa collègue Julie ne puissent maîtriser ce dernier. L'incident fait grand bruit au commissariat à cause du statut de l'assassin et Simon et Julie sont obligés de se taire sur le déroulement réel de l'opération. Mais la version officielle ne satisfait pas pendant longtemps leurs supérieurs hiérarchiques. Simon et Julie devront alors retrouver par leurs propres moyens la drogue à l'origine du drame, s'ils ne veulent pas se faire suspendre pour cette bavure qu'ils n'ont pas commise.
La critique
Par Tootpadu 17/02/2010
Parmi les nombreuses pistes, parfois fausses, grâce auxquelles le scénario nous garde astucieusement éveillé, c'est la lente corruption de Julie et Simon qui intrigue le plus. La grille de valeurs idéalistes avec laquelle Julie envisage son métier, au point de s'offusquer quand son nouvel équipier se sert dans un magasin vandalisé, vole ainsi rapidement en éclats, dès que le coup du destin initial la rend dispensable aux yeux de son hiérarchie. Le plus étonnant dans cette affaire est cependant qu'elle dépasse d'une façon fulgurante Simon en termes de sang froid et de détermination pour remonter coûte que coûte la filière des dealers. En comparaison, l'aura de mauvais garçon qui caractérise Simon au début se fissure progressivement, pour laisser apparaître un homme hésitant et sensible. Le nombre croissant de failles crédibles, qui accablent les héros initialement exemplaires de cette intrigue somme toute classique, confèrent une épaisseur dramatique au scénario que l'on ne rencontre hélas pas souvent dans le cinéma français.
Ce n'est là toutefois que le fondement solide pour la mise en scène une fois de plus incroyablement efficace de Nicolas Boukhrief. Avec un florilège d'interprétations remarquables, Cécile De France en tête, et un oeil redoutable pour les décors urbains en prime, le réalisateur assure d'une manière rigoureuse la narration de son film. La combinaison savante entre l'aspect visuel très moderne avec sa photographie en haute définition, la galerie de gueules dans les seconds rôles qui aurait fait honneur aux policiers des années 1960 et '70, et pour finir le rythme sans répit d'un scénario loin d'être simpliste, est ainsi à mettre sur le compte d'un des meilleurs réalisateurs de films de genre, qui exercent actuellement en France.
Vu le 15 février 2010, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade