Dans la gueule du loup
Réalisé par Robert Parrish (1952)
| Durée | 86 minutes |
| Sortie | 05/12/1952 |
| Note | 6/10 |
Une nuit pluvieuse, l’inspecteur Johnny Damico devient par hasard le témoin d’une fusillade en pleine rue. Il n’arrête pas l’auteur présumé des coups de feu, parce que celui-ci se fait passer pour un policier, qui aurait appréhendé un assassin. Quand Damico apprend qu’il a laissé filer par inadvertance le criminel le plus recherché de la ville, qui s’était en réalité débarrassé d’un témoin compromettant, il doit craindre pour son emploi. En guise de rachat de cette faute professionnelle, ses supérieurs l’envoient enquêter incognito dans les milieux des rackets parmi les ouvriers portuaires. Grâce à sa fausse réputation de truand sans peur, Damico ne tarde pas à attirer l’attention de la pègre locale sur lui.
La critique
Par Tootpadu 11/07/2011
Ce polar de Robert Parrish conjugue avec une aisance presque trop détendue les différentes formules du film noir. Autour de la silhouette imposante de Broderick Crawford, qui sait préserver une ambiguïté relative quant à son degré d’implication dans cette sombre affaire, l’enquête s’agence à un rythme plutôt soutenu. Entre le défilé des personnages secondaires, plus emblématiques les uns que les autres d’un type particulier de malfrat et interprétés parfois par des acteurs qui allaient devenir ultérieurement des vedettes à part entière, comme Ernest Borgnine, Charles Bronson, voire le plus confidentiel John Marley, et les répliques à l’humour corsé du personnage principal, on n’a en effet nullement le temps de s’ennuyer.
Néanmoins, le récit souffre d’un léger déséquilibre de tension, qui retombe dès que la piste principale que l’inspecteur suivait religieusement est démasquée comme une simple enquête parallèle. De même, la description des méthodes de filature et de l’environnement de travail au port sous l’emprise des syndicats véreux – en signe annonciateur de Sur les quais de Elia Kazan trois ans plus tard – a tendance à ralentir le rythme narratif. Dans l’ensemble, Dans la gueule du loup est cependant un film noir comme on les aime : stylisé, viscéral, mais pas non plus trop travaillé pour se fourvoyer dans des ambitions formelles démesurées.
Vu le 7 juillet 2011, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO