Reine des pommes (La)
Réalisé par Valérie Donzelli (2010)
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 24/02/2010 |
| Note | 6/10 |
Adèle s'est fait larguer par Mathieu, l'homme de sa vie. Accablée d'un chagrin d'amour insoutenable, elle s'installe chez sa cousine Rachel, qui est au début bien réticente à l'idée de devoir accueillir un tel boulet déprimé. Petit à petit, Adèle remonte la pente : elle trouve un travail comme baby-sitter chez la patronne de Rachel, et les conditions de séjour chez cette dernière se normalisent peu à peu. Oublier Mathieu est par contre une toute autre histoire pour Adèle, qui se résigne finalement à suivre le conseil de sa cousine et à coucher avec d'autres hommes. Pierre, Jacques et Paul seront-ils à la hauteur pour guérir Adèle de son dépit romantique ?
La critique
Par Tootpadu 11/02/2010
Les deux dispositifs formels majeurs de La Reine des pommes servent avant tout à sonder en profondeur le malaise existentiel d'Adèle. Alors que ses trois chansons lourdes de spleen la rapprochent des personnages interprétés par Chiara Mastroianni dans les films de Christophe Honoré, en guise de manifestation emblématique des filles mal dans leur peau par la faute présumée des hommes, le parti pris de faire jouer tous les prétendants au coeur d'Adèle par le même acteur est à la fois un indicateur de la névrose de la jeune femme et un symbole parlant pour appuyer la théorie romantique, selon laquelle on tombe toujours amoureux de la même personne. Le talent comique du toujours aussi craquant Jérémie Elkaïm est ainsi mis à rude épreuve, mais le jeune comédien s'acquitte très convenablement de son quadruple rôle. Ses variations sur l'amour et le désir dans tous ses états créent un contraste fort divertissant avec l'exubérance du jeu de Valérie Donzelli et l'air renfermé de Béatrice De Staël.
Il se passe donc plein de choses bien curieuses autour du parc de Montsouris. Malgré un fond plutôt sérieux, la réalisatrice réussit cependant à donner un entrain et une fraîcheur à son histoire, dont on ne peut jamais avoir assez dans le cinéma français. Il lui manque peut-être encore une signature personnelle, qui ferait de ses futurs films plus que le patchwork joyeux de tons et d'influences qu'est son premier. Mais comme mise en bouche appétissante, on ne peut guère espérer mieux !
Vu le 11 février 2010, au Club Marbeuf