Jamais le premier soir
Réalisé par Melissa Drigeard (2014)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 01/01/2014 |
| Note | 6/10 |
Julie est une jeune femme pétillante mais continuellement malheureuse en amour. Se faire larguer par coursier à son travail semble donc lui porter le coup de grâce. Mais le livre "Le bonheur, ça s’apprend" devient sa bible et elle en applique les conseils à la lettre au travail et en amour. Cette nouvelle lubie de "pensée positive" laisse sceptiques ses deux meilleures amies dont la vie amoureuse n’est pas non plus au beau fixe. Quand l’une, Louise, entretient une liaison secrète avec son boss, l’autre, Rose, subit le quotidien d’un couple en bout de course. Devenue cliente régulière d’une librairie où elle dévalise le rayon "épanouissement personnel", Julie va y faire des rencontres qui vont peut-être enfin changer sa vie…
La critique
Par Mulder 05/01/2014
Dominique Farrugia après avoir été comédien (De la cité de la peur (1994) à Casablanca Driver (2003)) a décidé de centrer son intérêt sur la production de comédies et sur la réalisation (déjà cinq films au compteur) voire également sur l’écriture de scénarios. Il donne ici sa chance à une jeune réalisatrice et coscénariste de pouvoir réaliser son premier film. Après avoir réalisé trois pièces de théâtre avec le scénariste Vincent Juillet, Melissa Drigeard le retrouve pour co-écrire le scénario, les dialogues de son premier film. Bien lui en a pris car l’histoire permet de découvrir trois portraits de femmes modernes à la recherche de l’épanouissement personnel.
L’influence des grandes comédies romantiques américaines dans la mouvance du film culte de Rob Reiner Quand Harry rencontre Sally (1989) plane réellement sur ce premier film très inspiré. Loin de ces comédies infantiles françaises, le film porte un regard plutôt subtil sur les gourous inspirant au bonheur et sur les dérives de notre société dans lesquelles certaines femmes recherchent plutôt un physique qu’un intellect dans leur partenaire. A ce titre, le couple formé par le caractère de Rose (Julie Perrier) et de Gilles (Arnaud Henriet) est le plus commun et routinier mais aussi le plus réaliste de ce film. Le personnage principal Julie interprétée par Alexandra Lamy suite à une rupture annoncée par recommandé décide quant à elle de se tourner vers un gourou du bonheur parfaitement interprété par Michel Vuillermoz et vers des ouvrages traitant de cette recherche. La réalisatrice très inspirée nous livre ainsi d’excellents moments de pure comédie. Elle semble ainsi porter un regard très subtil sur nos mœurs actuelles. De ce fait, le regard que la réalisatrice porte sur la gente masculine n’est guère enviable, entre un responsable prenant son bureau pour un endroit intime, un pseudo Ange tenant plus du diable libidineux et un médecin frigide, les seuls hommes à s’en tirer sont bien Gilles et Marc le libraire (Jean Paul Rouve pour une fois excellent dans un rôle).
La réalisatrice donne donc dans ce film trois bons rôles à trois actrices faisant peu à peu leur place dans le paysage cinématographique français. Alexandra Lamy, Mélanie Doutey, Julie Ferrier passent ainsi de seconds rôles réguliers du cinéma hexagonale aux rôles principaux de ce film. On sent réellement leur implication et leur plaisir de jouer ensemble sur un bon scénario. Elles se livrent ainsi totalement à la réalisatrice et obtiennent ainsi peut être leur meilleur rôle à ce jour.
Jamais le premier soir est donc un bon moyen pour commencer l’année et surtout à voir en couple pour certains moments irrésistibles voir également seul en célibataire pour prendre quelques leçons de savoir-faire. Ce film s’impose comme la première bonne comédie de l’année.
Vu le 4 janvier 2014 au Gaumont Disney Village, Salle 15