The last thing Mary saw

The last thing Mary saw
Durée:89 minutes
Réalisateur:Edoardo Vitaletti
Sortie:Cinéma
Date:Non communiquée
Note:
Hiver 1843. Une jeune femme fait l'objet d'une enquête suite à la mort mystérieuse de la matriarche de sa famille. Son souvenir des événements jette une lumière nouvelle sur les forces sans âge qui se cachent derrière la tragédie.

Critique de Mulder

“ All events whatsoever are governed by the secret counsel of God “ – John Calvin

Couvrir le festival Fantasia revient à découvrir le meilleur du cinéma indépendant de genre et assurément The last thing Mary saw fut l’une des très bonnes surprises de ce film. Alors que le cinéma de genre actuel tend à tous les excès pour capter l’audience du public, voire repose sur des formules qui ont déjà fait leur preuve, il faut en effet une réelle dose de courage pour présenter un film se déroulant au 19ème siècle, abordant la sorcellerie sous un nouveau regard et surtout dérouler pratiquement tout celui-ci dans une absence de lumière ce qui amène un cadre aussi angoissant que collant parfaitement au récit conté ici.

L’action se déroule ainsi dans le petit village de  Southhold (New York) en 1843.  Nous découvrons la jeune Mary (Stefanie Scott, Insidious : Chapitre 3 (Insidious: Chapter 3) (2015), Jem et les Hologrammes (Jem and the Holograms) (2015), I.T. (2016), Mary (2019) est emprisonnée car on suppose qu’elle a tué sa grand-mère. Pire, elle est accusée de sorcellerie ce qui fait qu’on l’empêche de voir et ses yeux sont cachés par un bandeau. Le film qui ressemble à une enquête sur ce qui s’est réellement passé dans ce foyer religieux dans lequel tout ce qui sort des mœurs est pointé du doigt et est critiqué comme étant de la sorcellerie. Mary est en effet critiqué car elle ressent une réelle attirance pour Eleanor (Isabelle Fuhrman) la domestique de sa maison familiale. Cette liaison très mal vue par les membres de sa famille fait que ceux-ci se disant agir au nom de Dieu décident de punir sévèrement Mary. Pourtant Mary décide de braver les réprimandes de sa famille et continue à fréquenter Eleanor. Les choses s’enveniment encore plus lorsqu’un personnage énigmatique fait son apparition (incarné par Rory Culkin) et que des forces diaboliques influent sur le cours des événements.

The last thing Mary saw se veut être une réelle expérience cinématographique et le scénario qui semble plutôt simpliste se révèle plutôt efficace tant il permet à l’atmosphère du film d’apparaitre comme un véritable cauchemar éveillé. L’environnement ainsi créé se révèle être aussi inquiétant que suffoquant et porte un regard plutôt original sur cette période de l’histoire américaine avec des habitants qui devaient non seulement braver les forces de la nature mais aussi trouver leur place dans un monde nouveau et en pleine construction. Le réalisateur Edoardo Vitaletti livre ainsi un premier film complètement maitrisé et bénéficie également de la présence de deux jeunes comédiennes totalement investies dans leur rôle. L’alchimie entre Isabelle Fuhrman et Stefanie Scott fonctionne à merveille et apporte au film une valeur ajoutée indéniable. 

Certes le fait que la plupart du film se déroule dans l’obscurité pourrait amener certains spectateurs à avoir du mal à rentrer dans ce film pourtant à bien regarder cette approche visuelle apporte à ce film un charme certain et accroit l’ambiance du film. Ce premier film laisse augurer au réalisateur et scénariste Edoardo Vitaletti un avenir plutôt prometteur dans le cinéma indépendant et son film apporte un regard aussi intéressant que novateur sur l’approche du mal dans le cinéma horrifique actuel. 

The last thing Mary saw
Écrit et réalisé par Edoardo Vitaletti
Produit par Harrison Allen, Isen Robbins, Aimee Schoof, Madeleine Schumacher, Stephen Tedeschi  
Avec Rory Culkin, Isabelle Fuhrman, Judith Roberts, Stefanie Scott
Musique : Keegan DeWitt
Directeur de la photographie : David Kruta
Montage : Matthew C. Hart 
Date de sortie : 15 août 2021 (Fantasia)
Durée du film : 89 minutes

Vu le 09 aout 2021 (Fantasia press screener)

Note de Mulder: