7 minutes au paradis
Réalisé par Omri Givon (2009)
Drame
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 14/10/2009 |
| Note | 6/10 |
Peu de temps après la fête de Pourim, Galia et son copain Oren tombent victimes d'un attentat à la bombe dans un bus à Jérusalem. Alors qu'elle subit des brûlures sérieuses, lui tombe dans le coma. Quelques mois plus tard, Oren décède et Galia reçoit par la poste un collier, qu'elle avait porté au moment de l'attentat. Elle se met alors à la recherche du secouriste qui lui avait sauvé la vie ce jour-là, tout en essayant de reconstruire sa vie avec Boaz, qu'elle a rencontré dans un marché.
La critique
Par Tootpadu 08/10/2009
Dans le conflit israélo-palestinien, il n'y a pas de gagnants. Le sort du personnage fictif de ce premier film, côté israélien, n'est guère plus réjouissant que le destin tragique de Rachel Corrie dans le documentaire Rachel de Simone Bitton, à l'affiche une semaine plus tard, venue pour défendre les droits bafoués des Palestiniens. Son histoire s'inscrit aussi dans l'actualité brûlante des attaques terroristes, devenues une nuisance quotidienne et routinière dans le cas d'Israël, dont nous avons pu voir récemment un récit d'un point de vue légèrement différent dans le touchant London river de Rachid Bouchareb. Cependant, le jeune réalisateur Omri Givon ne cherche point à coller aux sujets porteurs et à la mode. Son film est davantage un portrait de femme saisissant.
Le personnage central se trouve littéralement entre la vie et la mort. Meurtrie dans l'esprit et la chair par un attentat horrifiant, Gaila tente de repartir vers un avenir incertain, une fois que le dernier lien avec son passé, son copain Oren, a cessé d'exister. Reprendre goût à la vie, cela n'a rien d'évident pour elle, tant que tous les détails de son quotidien - les cicatrices qui couvrent son corps, le collier mystérieux, les fantômes des autres passagers du bus - l'obligent à faire face à cet événement traumatisant. L'actrice Reymonde Amsellem incarne parfaitement les tourments étouffants de son personnage. Elle ne cherche à faire de Galia ni une sainte, ni un agneau sacrificiel, qui expierait tout le mal que le peuple israélien subit de la main des terroristes palestiniens, en étant lui-même coupable. Son parcours est semé d'embûches, de déceptions et de coups de tête, qui soulignent parfaitement le caractère difficile et peu commode de Galia.
Il y a malheureusement quelque chose d'autre d'encombrant dans 7 minutes au paradis : l'empressement de son réalisateur de clore le récit avec un revirement final tout droit sorti de l'école M. Night Shyamalan, qui relativise complètement tout ce que nous avons vu jusque là. Les rares éléments fantastiques présents dans l'intrigue auparavant ne nous avaient pas forcément plu. Mais on les avait mis sur le compte de l'incapacité psychologique de Galia de se libérer du souvenir du carnage dans le bus. Le fait que ce dernier n'apparaissait pas dans le film pendant longtemps, à travers des effets clinquants de montage mental par exemple, avait même contribué agréablement à la sobriété et à l'intensité de la narration de Omri Givon. Toutefois, l'envie de terminer l'histoire avec un revirement pas si surprenant que cela a visiblement été trop pressante, pour ne pas offrir au personnage principal l'opportunité de partir réellement sur de nouvelles bases.
Le personnage central se trouve littéralement entre la vie et la mort. Meurtrie dans l'esprit et la chair par un attentat horrifiant, Gaila tente de repartir vers un avenir incertain, une fois que le dernier lien avec son passé, son copain Oren, a cessé d'exister. Reprendre goût à la vie, cela n'a rien d'évident pour elle, tant que tous les détails de son quotidien - les cicatrices qui couvrent son corps, le collier mystérieux, les fantômes des autres passagers du bus - l'obligent à faire face à cet événement traumatisant. L'actrice Reymonde Amsellem incarne parfaitement les tourments étouffants de son personnage. Elle ne cherche à faire de Galia ni une sainte, ni un agneau sacrificiel, qui expierait tout le mal que le peuple israélien subit de la main des terroristes palestiniens, en étant lui-même coupable. Son parcours est semé d'embûches, de déceptions et de coups de tête, qui soulignent parfaitement le caractère difficile et peu commode de Galia.
Il y a malheureusement quelque chose d'autre d'encombrant dans 7 minutes au paradis : l'empressement de son réalisateur de clore le récit avec un revirement final tout droit sorti de l'école M. Night Shyamalan, qui relativise complètement tout ce que nous avons vu jusque là. Les rares éléments fantastiques présents dans l'intrigue auparavant ne nous avaient pas forcément plu. Mais on les avait mis sur le compte de l'incapacité psychologique de Galia de se libérer du souvenir du carnage dans le bus. Le fait que ce dernier n'apparaissait pas dans le film pendant longtemps, à travers des effets clinquants de montage mental par exemple, avait même contribué agréablement à la sobriété et à l'intensité de la narration de Omri Givon. Toutefois, l'envie de terminer l'histoire avec un revirement pas si surprenant que cela a visiblement été trop pressante, pour ne pas offrir au personnage principal l'opportunité de partir réellement sur de nouvelles bases.
Vu le 6 octobre 2009, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10