I love you man

Réalisé par John Hamburg (2009)

Comédie
I love you man
Durée 105 minutes
Sortie 29/07/2009
Note 5/10

Il ne la connaît que depuis huit mois, mais l'agent immobilier Peter Klaven est sûr d'avoir trouvé la femme de sa vie en Zoé. Rien de plus normal alors que de la demander en mariage, ce qu'elle accepte avec joie. Le seul problème : puisque Peter a consacré toute sa vie d'adulte aux conquêtes romantiques, il n'a pas d'homme confident dans son entourage, qui serait susceptible de remplir le rôle de garçon d'honneur. Embêté en vue de son mariage par cet inconvénient social, il se met alors à la recherche d'un ami improvisé pour l'occasion. Mais toutes les tentatives entreprises par sa mère, son frère, voire par Zoé, pour lui trouver un meilleur pote échouent. Jusqu'à ce qu'il rencontre par hasard Sydney Fife, un drôle d'oiseau dont la franchise le surprend, lors de la visite de la maison d'une vedette de Hollywood, mise en vente.

La critique

Par Tootpadu 12/08/2009

Une fois l'introduction fort bancale passée, cette comédie américaine tente avec un succès relatif le grand écart entre une célébration improbable de la ringardise et la volonté manifeste d'être au coeur même de tout ce qui est bien vu ou à la mode de nos jours. Ou en d'autres termes, I love you, man ne fait guère la distinction entre un humour péniblement vulgaire et la promotion d'une indépendance d'esprit et d'action quasiment noble, qui ne s'abaisserait jamais à un tel niveau. En somme, ceci est un film bien de son temps, avec tout ce que ça implique de risque de vieillissement subit et d'un opportunisme divertissant, mais point innovant.
La première partie du film est ainsi symptomatique de la mise en question de la virilité, qui préoccupe la gente masculine au moins depuis les vingt dernières années d'une visibilité grandissante de la communauté et du style de vie homosexuels. L'approche est plutôt ambiguë, avec une mise en valeur respectable du côté du frère qui vit sans gêne sa préférence pour les hommes, mais aussi quelques rencontres incongrues, notamment celle qui culmine avec un baiser maladroit, qui interrogent davantage le caractère bizarre de la recherche d'un homme pour un autre homme, en dehors des circuits gays. Le ton du film reste par conséquent indécis, entre l'embarras d'une prémisse quelque peu artificielle et la volonté de refléter au plus juste l'évolution des moeurs dans les métropoles américaines de nos jours.
La même indécision en fin de compte préjudiciable se manifeste plus globalement au niveau du ton du film. Tandis que la relation romantique entre Peter et Zoé prend une place secondaire, voire arbitraire, les autres rapports entre le protagoniste et ses nouveaux potes couvrent un spectre assez large de situations. Au fond, c'est le caractère de Peter, renfermé et hypocrite mais point mal intentionné, qui est au coeur de toutes. Et sans surprise, son empressement maladroit d'être à la hauteur des espoirs que sa femme a placé en lui constitue l'aspect le plus attachant du film. La ringardise du personnage, toujours stressé de trouver des expressions branchées qui tombent invariablement à plat, se démarque néanmoins de celle, plus douteuse, d'autres parties du scénario, qui veulent nous faire croire par exemple, avec une dose considérable d'ironie espérons-le, que Le Chocolat de Lasse Halstrom soit un bon film et un favori populaire du cinéma romantique récent !
Enfin, la décontraction généralisée et plaisante des interprétations ne trouve pas un pendant satisfaisant du côté de la mise en scène. Contrairement aux tentatives multiples d'ingéniosité du scénario, le style de John Hamburg est toujours aussi consternant et ennuyeux.

Vu le 11 août 2009, au Publicis Cinémas, Salle 2, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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