Gianni et les femmes

Réalisé par Gianni Di Gregorio (2011)

Comédie
Gianni et les femmes
Durée 89 minutes
Sortie 01/06/2011
Note 6/10

Gianni, un sexagénaire en pré-retraite, remplit assez bien ses journées, entre les courses à faire pour sa femme, les promenades avec le chien de la belle voisine, et les sollicitations incessantes de sa mère. Son ami, l’avocat Alfonso, lui ouvre cependant les yeux sur le fait qu’à son âge, il n’est pas encore trop tard pour avoir une maîtresse. Gianni se remet alors en question et va à la recherche de la femme qui lui fera oublier son mariage platonique et les caprices de sa mère possessive.

La critique

Par Tootpadu 07/06/2011

Après la chaleur étouffante de l’été dans Le Déjeuner du 15 août, l’heure est désormais à la renaissance tardive de Gianni, ce personnage attachant en guise d’alter ego du réalisateur Gianni Di Gregorio. Un air de printemps très rafraîchissant souffle en effet sur ce film italien, qui montre pour une fois le côté comique de la vieillesse, là où des œuvres plus opportunistes ne font que s’apitoyer sur les inconvénients du retournement de la pyramide générationnelle dans la plupart de nos sociétés. Point de perte de mémoire ou des facultés physiques ici, et pas non plus un discours sur la solitude et l’isolement, juste une prise de conscience gentiment édifiante quant à la disparition toute naturelle de la libido.
L’approche du réalisateur n’a par contre rien de graveleux. Le dernier sursaut du machisme latin – d’une gaucherie soit hilarante, soit attendrissante – permet plutôt au protagoniste de se résigner à la place que son âge lui réserve. Il entreprend la quête de la maîtresse idéale, et donc impossible à atteindre, plus par conformisme avec ses contemporains que par un besoin pressant de bousculer sa routine quotidienne satisfaisante, mais nullement épanouissante. L’aspect tragique du personnage, qui ne manque pourtant pas de nous faire sourire plus d’une fois, consiste alors en son basculement d’un cliché, celui du vieux fils à maman pantouflard, vers un autre, celui du vieillard en pleine crise existentielle, qui court comme un obsédé après les filles dont il pourrait être le père, voire le grand-père.
Le Gianni de Gianni et les femmes n’est pas exactement le même que celui dans le film cité plus haut, mais sa philosophie d’une nonchalance légèrement agacée est restée sensiblement la même. Il est une fois de plus le symbole désarmant d’une génération d’Italiens ordinaires, dont les rapports au sexe opposé sonnent infiniment plus justes et crédibles que les frasques d’un Berlusconi. La vie avec tous ses contretemps a beau leur échapper, ils se font une raison et se contentent en fin de compte de ce qui est à leur portée. Ce qui représente une leçon en modestie hautement charmante, dont Gianni Di Gregorio détient le secret.

Vu le 26 mai 2011, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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