Portrait de femmes chinoises
Réalisé par Yin Lichuan (2009)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 05/08/2009 |
| Note | 6/10 |
Chen Jin et sa petite amie Daping exploitent ensemble un minibus dans une grande ville du sud de la Chine. Alors que Daping récupère à peine d'une fausse couche, Haili, une vieille amie de Chen Jin, s'installe chez eux, le temps de trouver un autre logement. Lorsque son travail est interdit par l'administration municipale, Chen Jin se met à son propre compte, en tant que vendeur de vinaigre de contrebande. Il prend Haili comme assistante, qui n'est pas avare en remarques désobligeantes à l'égard de Daping.
La critique
Par Tootpadu 16/07/2009
La première chose qui nous a intrigués, en regardant Portrait de femmes chinoises, c'est à quel point la réalisatrice assume la banalité de ses personnages. Une banalité, qui se manifeste tout d'abord par leur condition sociale, reflétée par leur appartement modeste, mais qui s'articule ensuite par un manque d'ambition et de noblesse étonnant. Dans leur médiocrité et leur mesquinerie, Chen Jin, Daping et Haili deviennent cependant tout de suite humains et, par conséquent, accessibles. Le pragmatisme de survie qui les gouverne, les pousse vers des actes et des paroles peu glorieux. Mais en même temps, les impératifs de la précarité les obligent à une sorte de solidarité de circonstance, qui peut parfois prendre des formes aberrantes, comme lorsque Daping achète malgré tout des médicaments pour sa rivale, qui repousse instinctivement ce geste presque attachant, si Daping n'avait pas choisi le produit le moins onéreux. Ces sursauts d'humanité dans un contexte social rude constituent toute la richesse et la générosité de ce film chinois, jusqu'à sa conclusion logique et pourtant surprenante. Ainsi, l'union fait la force, surtout lorsque l'on ne peut plus se permettre le luxe d'être difficile dans le choix de ses compagnons d'infortune.
Enfin, la réalisatrice Yin Lichuan conte son récit urbain dans un style visuel marquant. Sans rechercher une beauté plastique gratuite, elle sait mettre en scène l'histoire de ses personnages malmenés avec une sincérité et une assurance formelles très appréciables.
Vu le 9 juillet 2009, à la Salle Pathé Lincoln, en VO