Azul

Réalisé par Daniel Sanchez Arévalo (2007)

Drame
Azul
Durée 87 minutes
Sortie 28/02/2007
Note 6/10

Jorge n'aime pas être gardien d'immeuble. C'est pourtant ce qu'il fait, obligé de prendre la succession de son père qui est complètement dépendant depuis une attaque sept ans plus tôt. Le jeune homme rêve de partir de ce milieu peu valorisant, de mettre à profit ses études de gestion. Mais avant, il doit aider son frère en prison et s'occuper de son père.

La critique

Par Tootpadu 20/02/2007

Le réalisateur de ce premier film espagnol a beau s'étaler sur ses études administratives inutiles à longueur de dossier de presse, il ferait mieux de reconnaître l'immense influence de Pedro Almodovar dans son travail. D'un point de vue malveillant, on pourrait même considérer qu'Azul n'est que de l'Almodovar light, bien exécuté mais sans le ton subversif ou l'élégance formelle qui caractérisent à taux variable l'oeuvre du maître espagnol. Les ressemblances sont en effet multiples, du milieu défavorisé (les premiers films de Pedro) aux séquences de parloir (Parle avec elle), en passant par bon nombre de moments incongrus qui ont généralement trait à la sexualité.
Là où Daniel Sanchez Arévalo se distingue cependant de son idole inavouée, c'est dans le constat que lui inspire cette histoire d'un jeune homme qui rêve de briser les murs de sa condition sociale. Un ton plutôt réactionnaire sous-tend en effet tout le film, que ce soit dans l'évocation de l'homosexualité pas vraiment valorisante ou dans l'insistance sur la vanité du combat de Jorge. Signifier à son héros valeureux et idéaliste qu'il a en somme déjà trouvé sa place et que son passé familial et social le rattraperont toujours relève ainsi plus d'une démarche résignée que d'une volonté d'abattre les perceptions et les conventions établies. Au moins, le réalisateur reste fidèle tout au long de son film à cette philosophie du petit bonheur modeste.
Peu importe le message peu progessiste du film, sa forme est infiniment plus séduisante. Grâce à la bande originale très plaisante du Français Pascal Gaigne, qui commence sur quelques notes que l'on pourrait méprendre pour le début du thème de Mission : impossible, et à une mise en scène très soignée, le film progresse sans heurts et sans baisse de tension. Et puis, l'interprétation convaincante, notamment du jeune Quim Gutiérrez plutôt séduisant, apporte l'authenticité qui fait un peu défaut au scénario trop préoccupé par son message conservateur.

Vu le 19 février 2007, à la Salle MK2, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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