Herbe du rat (L')
Réalisé par Julio Bressane (2009)
Drame
| Durée | 83 minutes |
| Sortie | 10/06/2009 |
| Note | 6/10 |
Un homme rencontre une femme dans un cimetière. Elle vient de sortir de prison et s'était recueillie devant la tombe de son père, mort trois jours plus tôt, quand elle a été prise de malaise. L'homme la ramène chez lui et en fait sa secrétaire, pour transcrire les manuscrits de ses recherches anthropologiques. Ensuite, il la prend en photo dans des poses érotiques.
La critique
Par Tootpadu 07/05/2009
Le réalisateur brésilien Julio Bressane tourne des films depuis plus de quarante ans. Que L'Herbe du rat est le premier à sortir en France, alors que la filmographie du cinéaste comprend une trentaine d'oeuvres, on le doit probablement à son style exigeant, voire hermétique, qui ne ravira que quelques cinéphiles aux goûts pointus. A mi-chemin entre Manoel De Oliveira et Luis Buñuel, le cinéma selon Julio Bressane pratique une austérité formelle, qu'il met au service d'une histoire curieuse.
Inutile en effet de chercher une référence quelconque à la réalité dans ce huis-clos oppressant. La relation entre l'homme et la femme est soumise à des considérations autres, que l'on qualifierait presque de fantastiques. Le basculement vers un univers parallèle, hors de la portée de la raison inculquée par notre civilisation, s'opère dès l'apparition du rat, un drôle d'objet de fantasmes érotiques. Julio Bressane continue sur cette lancée avec la dernière partie du film, qui explore l'obsession voyeuriste de l'homme sous un jour décidément macabre.
Le ton du film a beau être sec et peu animé par l'action, le talent visuel indéniable du réalisateur compense amplement par l'assurance dans la composition des cadres. La perversion ne s'introduit ainsi guère par l'oeil, en dépit du thème du voyeurisme abordé à travers les clichés de l'homme, mais par le décalage prononcé de l'intrigue avec ce qui est considéré de nos jours comme admissible, en termes sociaux et filmiques.
Inutile en effet de chercher une référence quelconque à la réalité dans ce huis-clos oppressant. La relation entre l'homme et la femme est soumise à des considérations autres, que l'on qualifierait presque de fantastiques. Le basculement vers un univers parallèle, hors de la portée de la raison inculquée par notre civilisation, s'opère dès l'apparition du rat, un drôle d'objet de fantasmes érotiques. Julio Bressane continue sur cette lancée avec la dernière partie du film, qui explore l'obsession voyeuriste de l'homme sous un jour décidément macabre.
Le ton du film a beau être sec et peu animé par l'action, le talent visuel indéniable du réalisateur compense amplement par l'assurance dans la composition des cadres. La perversion ne s'introduit ainsi guère par l'oeil, en dépit du thème du voyeurisme abordé à travers les clichés de l'homme, mais par le décalage prononcé de l'intrigue avec ce qui est considéré de nos jours comme admissible, en termes sociaux et filmiques.
Vu le 7 mai 2009, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10